3 questions à Anne Richard

16 juin 2016

Leurs noms vous sont familiers, puisque cette quarantaine de personnalités fait partie de notre culture québécoise. Pensons à ce que serait notre télévision sans Sophie Thibault ou Marie Tifo, Pierre Curzi et Mireille Deyglun, notre place dans la conquête de l’espace sans Marc Garneau, notre paysage architectural sans Phyllis Lambert, notre musique sans Serge Fiori ou Marc Hervieux, notre humour sans Lise Dion, Jean-François Mercier et Jean-Michel Anctil. Anne Richard les a rencontrés et photographiés pour parler non pas de leur brillante carrière, mais du sujet qui les unit tous : leur amour des chiens.

Jean-Michel Anctil et Coluche

  1. Comment avez-vous eu l’idée de ce livre?

J’ai longtemps été rédactrice en chef d’un magazine dans le domaine de la musique et des droits d’auteur. Lorsque j’ai commencé ma semi-retraite, j’avais envie d’un nouveau défi. J’ai toujours eu une passion pour la photo. Autour de moi, j’avais beaucoup d’amis qui avaient des chiens. Et j’ai constaté qu’il n’existait aucun livre parlant du rapport des célébrités avec leurs chiens. C’est comme ça que l’idée a germé. Rapidement, une foule de personnalités a répondu à mon appel, mais je voulais représenter des professions différentes et des gens de tous âges. J’ai donc sélectionné 40 maîtres et leurs chiens : des hommes d’affaires, des artistes, des personnes qui ont marqué l’histoire du Québec. Ils ont de 25 à 88 ans.

Marc Hervieux et Kate

  1. Lors de ces rencontres, quelle est l’histoire qu’on vous a racontée qui vous a le plus marquée?

C’est peut-être celle de Marc Garneau, le premier astronaute canadien – donc un scientifique de renom – qui m’a raconté comment il s’est fait arrêter aux douanes américaines alors qu’il transportait les cendres de son premier chien. L’agent de sécurité lui a demandé : « Qu’est-ce que c’est que ça, monsieur? » Et il a répondu : « Ce sont les cendres de Rosie! » L’agent de sécurité n’a même pas demandé s’il s’agissait d’un humain ou d’un animal, il l’a laissé passer en s’excusant. Marc Garneau avait les larmes aux yeux en me racontant ce souvenir. Faire un livre sur des personnalités et leurs chiens permet de les aborder sous un jour très intime et de les découvrir sous un angle différent de celui qu’on voit habituellement dans les médias. J’ai aussi été très touchée par l’humoriste Jean-François Mercier, qui aime ses chiens comme ses enfants. Quant à Lise Dion, elle a fait chanter son chien pour moi!

Annie Dufresne et Jenny

  1. Trop de chiens sont encore victimes de cruauté et des milliers sont abandonnés chaque année. Comment pensez-vous que la situation peut s’améliorer?

Le projet de loi 54 qui vient de passer est déjà un gain, puisque les animaux domestiques ne sont plus considérés comme des biens meubles. Mais il faudrait davantage d’inspecteurs sur le terrain pour contrôler la situation et sanctionner. Il faudrait aussi que la stérilisation soit plus systématique, et pour cela, qu’elle soit effectuée à moindre coût. Bien entendu, il faudrait interdire les usines à chiots. Enfin, les gens doivent être conscients qu’avoir un chien coûte de l’argent. C’est un engagement qui s’ajoute au budget. Il faut réfléchir avant d’en adopter un.

Couv Amours de chiens

Amours de chiens d’Anne Richard, Éd. La Semaine.

- Diane Stehlé

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