Bientôt 20 ans de métier!

2 octobre 2015

MGaudette_Crédit_Maude Chauvin

Une poignée de main, quelques phrases et j’étais sous le charme. Avec son regard doux et sa sensibilité à fleur de peau, Maxim Gaudette est à l’antipode du tueur misogyne qu’il incarnait dans Polytechnique. Rencontre avec un acteur au jeu intense et un homme tout en nuances.

Maxim Gaudette est né et a grandi à Sherbrooke, dans un foyer où le hockey occupait une place importante, car son père, André Gaudette, est un ancien joueur des Nordiques. Maxim, lui, occupe d’autres patinoires depuis sa sortie du Conservatoire d’art dramatique de Montréal, en 1997 : la scène et le plateau de tournage.

On le voit surtout jouer des personnages plutôt intenses, parfois tourmentés et souvent complexes. « Les gens m’ont connu dans Virginie. Je jouais un bum violent qui menaçait Virginie. On m’en parle encore. Après ça, j’ai joué un tueur en série dans Fortier et on dirait que ça m’a campé dans ce type de personnage. » Et ce n’est pas avec le rôle de Marc Lépine dans Polytechnique, sorti en 2009, qu’il a pu rectifier le tir, sans mauvais jeu de mots… Néanmoins, cette interprétation lui a valu le Génie et le Jutra du Meilleur acteur dans un second rôle. L’année suivante, Incendies arrivait sur nos écrans et provoquait une onde de choc. Grâce au rôle de Simon Marwan (le jumeau) qu’il incarnait dans ce film devenu un succès international, le nom de Maxim Gaudette a fait le tour du monde.

Aimerait-il pour autant changer son casting pour aller vers la comédie? « Oui, j’aimerais ça, la comédie. C’est un art complexe, un tout autre champ d’action. La marge de manœuvre est encore plus étroite que dans le drame. » À bon entendeur…

À venir cet automne

On pourra le voir cet automne dans un film d’Anne Émond, Les êtres chers, un drame familial étalé sur quatre décennies. Le film suit les destins de David (joué par Maxim) et de sa fille Laurence (Karelle Tremblay). L’histoire débute en 1978 dans un petit village du Bas-Saint-Laurent, alors que la mort tragique du père de David ébranle la famille Leblanc. « Malgré le propos plutôt sombre (le suicide), c’est un film lumineux, témoigne Maxim. J’ai été ému à la lecture du scénario, et ça ne m’est pas arrivé souvent. Grâce à la finesse, à la sensibilité et à la direction d’acteurs d’Anne Émond, on en ressort avec le goût de vivre et de profiter de la vie, un véritable tour de force! »

Nous le retrouverons aussi au petit écran, pour une septième saison, dans la peau d’Olivier Marcoux, le barman de L’auberge du chien noir. « Je vais aussi jouer le rôle de Winston dans 1984 de George Orwell, au Théâtre du Trident en novembre. Il s’agit d’une adaptation qui a déjà été jouée à Londres. Un très beau projet. » Enfin, il a décroché un petit rôle dans une série produite par Fabienne Larouche, Blue moon, qui sera offerte sur le Web par Club illico. « C’est un drame d’espionnage avec une bonne intrigue. Je joue le personnage de Luc Picard, plus jeune. »

Bientôt 20 ans de carrière

Il y aura bientôt 20 ans que Maxim est dans le métier. Ce qui ressort de son bilan, c’est surtout l’aisance que lui apportent l’expérience et la maturité. « La caméra m’intimidait beaucoup au début. Maintenant, je suis plus détendu et je gagne en confiance. J’ai plus de plaisir », conclut-il. Néanmoins, il trouve important de « rester en mouvement, de continuer d’apprendre et d’avoir une vie intime riche ». Il tient à ne pas mettre tous ses œufs dans le panier de la carrière. « Le fait de vivre ma vie le plus pleinement possible va faire de moi un acteur plus intéressant et plus nuancé. »

Trois questions à Maxim Gaudette

Que lisez-vous en ce moment?

À part 1984, je lis sur les musiciens de jazz, sur leur vie. J’ai découvert le jazz il y a quelques années et je trouve ça passionnant. J’aime l’esprit et la complexité de cette musique-là.

Quel est votre film fétiche?

Un film français que je considère comme un chef d’œuvre. J’ai dû le voir une dizaine de fois. Le goût des autres d’Agnès Jaoui. C’est un grand film sur le plan de l’écriture, des dialogues et de l’interprétation.

Quel acteur de cinéma vous inspire particulièrement?

Robert De Niro et Al Pacino, deux vrais géants. Ils ont fait des interprétations hallucinantes.

- Sylvie Lamothe

Photographie: Maude Chauvin

Commentaires

commentaires