Bonhomme Carnaval – Rencontre avec une vraie star!

février 2013

Portrait vous propose ce mois-ci, rien de moins qu’une interview biographique avec l’incomparable Bonhomme Carnaval. Celui-là même qui prend possession de la ville de Québec en février de chaque année, depuis 59 ans.

À peine quelques jours après avoir reçu les clés de la ville, Bonhomme a accepté de nous dévoiler quelques-uns de ses secrets, histoire d’en apprendre davantage sur ce grand personnage avant que l’effervescence du Carnaval occupe tout son temps, du 1er au 17 février.

PORTRAIT : La vie de star a certes des avantages pour vous Bonhomme. Vous rencontrez de nombreuses vedettes et personnalités, mais cela doit aussi avoir des côtés un peu plus dérangeants, non? Comment vivez-vous votre popularité? Est-ce que les paparazzis vous indisposent beaucoup?

BONHOMME : En fait, ce qu’on me dit, c’est que certaines stars sont dérangées par les paparazzis, mais pour moi, c’est le contraire. Je dis même à mes gens des relations publiques : « Invitez-les! » Oui, je suis une star et j’aime ça l’être. Et j’aime ça, moi, les paparazzis. Ce sont mes amis et je veux qu’ils soient présents partout où je me rends, car, entre vous et moi, je n’aime pas beaucoup passer incognito. Au contraire, je veux partager mon statut de star avec tout le monde, tout comme ma bonne humeur! 

PORTRAIT : Tout ça est bien beau, mais pour refaire le plein d’énergie et récupérer de vos exigeantes journées, comment faites-vous alors? Avez-vous au moins des quartiers privés dans votre somptueuse demeure des Plaines d’Abraham? 

BONHOMME : Oui, somptueuse, tout à fait, et on la renouvelle chaque année ma demeure. Bon, c’est évident que je garde des petits côtés secrets pour moi, mais je vais en partager un avec vous aujourd’hui. Premièrement, je ne mets jamais de carnavaleux à la porte. Je ne vais me coucher que lorsque tout le monde est parti, quand il n’y a plus personne sur le site. À ce moment, je sors du palais par la porte de derrière, je vais me chercher de la belle neige fraîche, je l’entre avec moi, je l’étends et je prends un bon bain de neige. Ensuite, je suis prêt pour une bonne nuit de sommeil, ne serait-ce que pour une ou deux heures, car c’est tout ce dont j’ai besoin. La neige me rafraîchit et me renouvelle. Et comme je suis en grande forme, je n’ai pas besoin de plus que ça. Il m’arrive d’avaler un petit café, mais un café glacé, bien sûr. Mais, tous les matins, je me réveille avec le sourire que vous voyez là. C’est dans ma nature!

PORTRAIT : Vous n’avez pas besoin de plus que ça pour refaire le plein?

BONHOMME : Eh, non! Vous savez, Obélix et moi, on partage deux choses. La première est notre grosseur et la deuxième est le fait qu’on est tous les deux tombés dans une potion magique étant petit. La mienne, c’est celle de la bonne humeur et de l’énergie. Alors, cette grande vivacité qui me caractérise est toujours présente. Elle m’habite totalement dès le réveil. 

PORTRAIT : Bonhomme, on vous voit visiter beaucoup de gens et apparaître un peu partout au Carnaval, mais nos lecteurs aimeraient savoir si vous avez déjà fait certaines activités. La course en canot, par exemple?

BONHOMME : En fait, j’ai essayé certains trucs, c’est sûr , mais ma spécialité à moi, c’est d’inventer les activités que les gens vont venir faire et de les concevoir dans le but qu’ils puissent se divertir et s’amuser. La course en canot, je ne l’ai pas essayée et j’admire les athlètes extraordinaires qui la font. Je suis certain que je serais capable de la faire, cela étant dit en toute modestie, mais je laisse la place aux autres. C’est pour eux que je conçois la programmation du Carnaval, d’abord et avant tout, ne l’oubliez pas. Moi, je suis là pour encourager les gens et pour rendre visite à ceux qui ne peuvent venir aux activités.

PORTRAIT : Que faites-vous le reste de l’année? Vous devez bien vous ennuyer de vos amis québécois? Auriez-vous d’autres amis, d’autres carnavals ailleurs pour vous désennuyer?

BONHOMME : Si je m’ennuie? Oh oui, bien sûr , je m’ennuie de tous mes amis de Québec. Mais je suis aussi très occupé le reste de l’année. Vous voyez, après mon Carnaval, je prends quelques jours pour récupérer. Il y a toujours un ou deux icebergs qui m’attendent quelque part, alors j’en profite pour me ressourcer , pour méditer et, ensuite, je reprends la route pour faire la promotion de mon merveilleux Carnaval, partout à travers le monde. Je vais aux États-Unis, bien sûr , ils sont si proches de nous. Je suis allé au Mexique aussi, mais là j’avoue que je n’ai pu rester très longtemps… la chaleur me fait fondre. Je me suis aussi rendu en Chine il y a quelques années. Toute une aventure! Je ne sais pas si vous le savez, mais en Chine, le blanc représente la mort. Alors, ils ont été très surpris de me voir arriver dans toute ma blancheur et, encore plus, lorsque je me suis mis à parler! Au début, en tout cas, ils ont été très, très surpris, mais grâce à ma jovialité, à ma gentillesse et à mon sourire permanent, ils ont évidemment fini par être conquis! Je le dis en toute modestie, bien sûr…

PORTRAIT : Si vous nous disiez un peu comment s’est passée votre enfance, Bonhomme? Avez-vous eu une bel le enfance? Étiez-vous bon à l’école ou meilleur à la récréation?

BONHOMME : J’ai toujours eu une spécialité en récréation. Mais… [Bonhomme s’approche et poursuit sur le ton de la confidence] mon enfance a commencé… très modestement. Je n’étais qu’un tout petit flocon de neige. Les gens me roulaient, comme ça, faisaient une première boule, puis une deuxième. Ils s’amusaient. Mais chaque année, je fondais. Un jour , j’en ai eu assez et je me suis dit : « C’est terminé! » Je dois rester en permanence, dans le cœur
des gens à tout le moins. Quand j’ai pris cette décision, j’ai décidé de célébrer ça et de faire une grande fête en créant mon propre Carnaval.

Ça fait déjà 59 ans. Je me porte très bien. Souvent, les gens me disent que je suis beau et grand et fort. Bien sûr , ils ont raison, mais je n’ai pas beaucoup de mérite car je suis fait de neige et de glace, alors je me garde au frais. Je suis à l’aise avec les qualités que les gens m’attribuent, certains compléteraient en disant que je suis aussi athlétique, gentil et jovial. J’ajouterais aussi « Star de l’hiver », mais en toute humilité…

PORTRAIT: Votre Carnaval n’a cessé de grandir au fil des années, et vous réussissez à le renouveler chaque année. Vous serez plus présent que jamais sur le Web. Vous créez un événement qui pique la curiosité avec le Lumocité. Où trouvez-vous toute votre inspiration? Est-ce que vous voyagez aussi pour aller voir ce qui se fait ailleurs?

BONHOMME : Très humblement, encore une fois, ce sont les gens venus d’ailleurs, qui viennent nous visiter , qui s’inspirent de notre Carnaval, et non le contraire. Mais bon, si vous regardez bien la grosseur de ma tête, vous comprendrez que beaucoup d’idées peuvent s’y loger. Chaque année à la fin des festivités, je prends quelques-unes de mes idées et je les partage avec mon équipe, dirigée par Jean Pelletier , le directeur général de mon Carnaval. Ensuite, ensemble ils partent avec ça et me construisent une programmation extraordinaire pour l’année suivante, une programmation qui compte des activités comme Luminocité effectivement, dont je prends un peu le mérite, et qui sera un événement grandiose.

PORTRAIT : Bonhomme, cette année, il n’y aura plus de doutes dans l’esprit des gens : vous êtes vraiment une star. Vous aurez votre propre statue, et devant l’hôtel du Parlement en plus! Comment vivez-vous cet honneur?

BONHOMME : Eh, oui! Une statue en mon honneur sera érigée prochainement sur la colline Parlementaire. Il y a déjà plusieurs statues de politiciens et d’anciens premiers ministres et, même si je ne fais pas de politique, je suis tout de même important pour la ville de Québec, alors on a décidé de construire une statue à mon image. Une très grande et très belle statue de 24 pieds de haut. J’en suis très, très fier. Comme ça, les gens qui ne peuvent pas m’avoir tous les jours près d’eux, du 1er au 17 février , pourront me voir en image! Et pour être honnête avec vous, je vis parfaitement bien avec la situation. J’ai le sentiment profond que je la mérite cette statue, parce que je sais que j’ai un impact sur la vie des gens. Je leur dis souvent, d’ailleurs, si vous croyez que vous êtes trop petits pour avoir un impact sur quoi que ce soit, pensez une minute à la situation suivante : passer une nuit en camping avec un maringouin dans votre tente. Vous comprendrez facilement à quel point une toute petite chose peut avoir un grand impact. Alors, imaginez ce que vous pouvez faire.

PORTRAIT : On dit de vous que vous n’avez pas besoin de parler pour rendre les gens de bonne humeur. Vous aimez saluer tout le monde. Vous êtes jovial, grandiose et vous mettez du « punch » dans la vie des gens. Est-ce que votre mission de vie serait justement de rendre les gens heureux?

BONHOMME : Sérieusement, ma chère, regardez mon visage un instant et vous aurez la réponse à votre question. Oui, rendre les gens heureux, c’est ma mission de vie! J’ai ce sourire permanent sur le visage depuis maintenant 59 ans et, ce matin, j’arbore le plus beau pour vous. Et ça marche, vous me souriez en retour , vous voyez! c’est ce que je fais tous les jours en rencontrant des gens. la plupart du temps, aux activités du carnaval, je rencontre beaucoup de gens qui portent eux aussi de larges sourires. Mais il m’arrive régulièrement d’en visiter qui vont moins bien, qui vivent des choses plus difficiles, alors je partage avec eux ma jovialité, mon énergie. Je vais voir des enfants malades dans les hôpitaux et, ne serait-ce que pour quelques minutes, je sais qu’ils oublient leur situation. leurs sourires redeviennent radieux, leurs yeux brillent. Ça me fait chaud au cœur. Je donne, mais si vous saviez comme je reçois beaucoup en retour. Oui, ma mission de vie c’est de partager le sourire que vous voyez.

Je rencontre aussi les personnes âgées à leur résidence. Ils me reconnaissent tous; ils étaient déjà là quand j’étais petit. Ils sont contents que je leur rende une petite visite. Les petits en garderie, eux me connaissent moins, mais ils sont très impressionnés lorsque j’arrive. Quand je repars, tout le monde est souriant. Tout ça me donne évidemment beaucoup d’énergie.

En fin d’entrevue, Bonhomme nous a confié qu’il avait encore de grands rêves et de grandes ambitions pour le carnaval de Québec. Si sa mission est de rendre les gens heureux, sa manière de le faire est de se renouveler, afin de recréer, chaque année, la magie de son populaire festival hivernal. Bon carnaval!

- SANDRA GRAVEL

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