Dany Gagnon – Un jongleur de talent

4 février 2013

Animateur, entrepreneur et pilote, Dany Gagnon possède plusieurs cordes à son arc et même, plus d’un tour dans son sac. Tel un jongleur de cirque, il lance ses balles et les rattrape  avec  habileté,  s’assurant  d’en  avoir  toujours  une  autre  dans  sa  poche arrière, au cas où…

Dans la famille Gagnon, l’entrepreneuriat était valorisé. Encouragé par son père à se lancer en affaires dès son plus jeune âge, Dany menait déjà de front ses études secondaires et une petite entreprise d’animation de soirée avec une quinzaine d’employés!

En 1998, après diverses expériences de travail, dont quelques contrats d’animation, Dany décide de faire sa place dans le monde des médias. Il aborde de front Pierre Taschereau, patron de TQS à Québec à l’époque, qui, impressionné par son aplomb et ses « couilles », lui propose un stage de journalisme. « J’arrivais au travail à 7 h du matin et je faisais tout ce qu’on me demandait. Les journées étaient longues, mais j’ai beaucoup appris. Puis, il y a eu un premier vox pop, ensuite un premier reportage et neuf mois plus tard, j’avais une permanence. »

LE COMMUNICATEUR
De reporter aux faits divers, il passe à chef d’antenne au bulletin du midi. « C’était passionnant pour un jeune comme moi, mais ce que voulais vraiment c’était animer ». Il devra ronger son frein avant qu’une émission lui soit confiée, mais arrive enfin Automania qu’il animera pendant trois saisons, à Montréal. Puis, il quitte le bateau de TQS pour d’autres défis : « Mon rêve c’était de passer dans les ligues majeures. » S’enchaînent alors les contrats de télévision : Sucré salé, de 2007 à 2010, Salut, Bonjour week-end, en 2008 et Juste pour rire en direct, en 2009 et 2010, sur les ondes de TVA. Suivis d’Équipé pour rouler avec Benoit Gagnon à Ztélé, de 2007 à 2010 et du Retour avec Benoit Gagnon à TQS, en 2008 et 2009.

C’est la radio qui l’attend au détour, en 2009, alors qu’après trois refus et quelques hésitations, Dany accepte d’animer l’émission matinale de Radio NRJ de Québec, C’est l’fun de bonne heure. « Je ne croyais pas avoir les compétences requises, je me sentais comme un imposteur, avoue-t-il, et l’horaire matinal me freinait. J’ai finalement décidé de faire un essai d’un an. À ma grande surprise, ça a très bien fonctionné; NRJ était en réorientation et les circonstances m’étaient favorables. » Même s’il trouve l’horaire matinal exigeant, il constate qu’il peut relever ce défi. « Je suis comme un maître de cérémonie, je passe le micro à mes collaborateurs en m’assurant que le show reste à la hauteur des attentes », explique-t-il. C’est ainsi qu’il tient finalement la barre de l’émission pour une deuxième, puis une troisième année.

LE PILOTE ET L’HOMME D’AFFAIRES
Dès le début de sa carrière médiatique, préoccupé par la précarité de sa situation et mis en garde par tous ses proches, Dany Gagnon avait compris qu’il devait assurer ses arrières : « Je savais que je risquais de passer rapidement de héros à zéro et je me disais que je devais absolument avoir un plan B. » Mis au défi d’apprendre à piloter par son ami Vincent Gagnon, pilote chez Air Canada, il commence sa formation en 1999. « Après six heures de vol, je savais que je n’arrêterais jamais. » Dany poursuit son envol jusqu’à obtenir une série de licences (pilote privé, pilote professionnel, pilote de ligne, etc.) et des qualifications pour le vol aux instruments, le vol acrobatique et le pilotage d’hydravions. Sky’s the limit, rien ne l’arrête. Il décroche ensuite un emploi de pilote d’hydravion à la pige, pour combler son emploi du temps (!). Mais en 2005, Roger Forgues, le propriétaire de l’entreprise d’hydraviation subit un grave accident qui le laisse quadriplégique. Dany décide alors de reprendre les commandes de l’entreprise. L’homme d’affaires en lui est prêt à décoller.

En 2007, l’animateur devient pilote de ligne chez Aéropro, mais il laisse l’emploi dix-huit mois plus tard, alléché par des offres intéressantes dans les médias. « Je me suis dit que je pourrais toujours revenir au pilotage et, tout compte fait, je vivais plus de challenge en direct à la télé, sans filet, que dans un cockpit. »

Touche-à-tout, Dany Gagnon exploite aussi, avec son frère Rémy, une entreprise de construction, Groupe DAREGA. Condos, jumelés ou maisons de ville, ils construisent et vendent une vingtaine d’habitations par année, de très haute qualité, en occupant une petite niche spécialisée dans le marché. « On est des maniaques, des perfectionnistes qui s’arrêtent au moindre détail. À eux seuls, nos acheteurs font toute notre publicité, tellement ils sont satisfaits. »

L’AVENTURE CHRONO AVIATION
En avril 2012, Dany fonde chrono aviation avec son ami et associé Vincent Gagnon, le même qui l’amenait dans les airs en 1998. « On voulait une entreprise à l’image des grandes compagnies, tant sur le plan de la qualité et de la sécurité des appareils, que sur le plan du service, mais avec l’approche personnalisée des petites compagnies. » Basée à l’aéroport international Jean-lesage de Québec, chrono aviation se spécialise dans le transport nolisé sur l’ensemble du territoire québécois et canadien, surtout dans les régions nordiques ou éloignées. « Avec le Plan Nord en plein développement, on est arrivés au bon moment. La demande est très forte pour les changements de personnel (fly in, fly out) et le transport des entrepreneurs et gens d’affaires qui doivent se rendre dans le nord du Québec. »

La société, qui emploie une dizaine de pilotes et d’employés professionnels, assure aussi la gestion et l’entretien des aéronefs. Chrono aviation s’occupe de tout, du programme d’entretien à la formation des pilotes, et prépare l’équipage, le plan de vol, l’avion, etc. Quelques mois après son démarrage, l’entreprise connaît un succès inespéré et progresse à la vitesse grand V. « Nous venons d’acheter un deuxième appareil et nous sommes maintenant basés à montréal, en plus de Québec et Rimouski. »

L’ACCIDENT DE 2008
Difficile à croire, mais cet audacieux fonceur, qui a souvent défié le sort du haut des airs, a failli perdre la vie au pied d’une clôture de métal dans un champ… L’escalade de la clôture s’est terminée par une chute sur la tête et une fracture de la colonne cervicale au niveau de la c2, aussi appelée la « fracture du pendu », généralement fatale. Non seulement Dany Gagnon a été inexplicablement chanceux de survivre à cette blessure, mais il est ressorti de l’aventure sans aucune séquelle, grâce à une délicate intervention menée à l’hôpital de l’enfant-Jésus de Québec par le Dr Michel Lacroix, neurochirurgien. Reconnaissant, ce miraculé est aujourd’hui le porte-parole de l’événement Kilimandjaro à Québec qui se tient chaque mois de Juin sur l’escalier du Parc de la Chute-Montmorency et dont les fonds sont entièrement consacrés au département de neurochirurgie de l’hôpital.

Lorsqu’on lui demande comment il réussit à tenir le rythme, il répond : « Le secret, c’est de savoir s’entourer des bonnes personnes, je suis accompagné dans tout ce que je fais. Et si je me sens confiant et solide, c’est que j’ai toujours un plan B. » Pourrait-on dire qu’il a également un plan C et un plan D?

-SYLVIE LAMOTHE

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