David Drouin – La science comme mode de vie

27 novembre 2012

Ce n’est pas d’hier que David Drouin s’intéresse aux pourquoi et aux comment des choses. Petit, il démontait ses jouets pour comprendre leur fonctionnement et voir de quelle façon les pièces étaient emboîtées. Maintenant âgé de 18 ans, il continue son exploration scientifique du monde tout en préparant son arrivée à l’université.

La crinière brune aux pointes relevées, le regard intelligent nourri par une grande curiosité et le jeans bas sur les hanches sous le sarrau blanc d’usage, David Drouin évolue dans un laboratoire avec une grande aisance. C’est que déjà, il y évolue depuis plusieurs années.

En troisième secondaire, David Drouin a eu la chance de travailler à des projets de vulgarisation scientifique pour un des cours qu’il suivait à l’École secondaire Mont-Saint-Sacrement et ce fut le début d’un parcours qui l’amènerait à participer à plusieurs activités regroupant de jeunes cracks de la science, dont les expo-sciences canadiennes et celle de Bratislava, en Slovaquie, l’année dernière.

« Pour moi, ça a été un déclencheur de toucher à la science un jour, affirme David. Je trouve qu’il n’y a rien de mieux que d’essayer une chose pour mieux la connaître et peut-être, ainsi, découvrir sa place dans le monde, dit-il timidement. Moi, ça m’a permis de comprendre que je voulais faire quelque chose d’utile qui pourrait aider les gens. »

COMPRENDRE ET FAIRE AVANCER LES CHOSES
C’est ainsi qu’au fil de ses lectures (souvent des notes de recherche en anglais…), le jeune adepte de la science s’est découvert un intérêt pour les huiles essentielles combinées aux probiotiques dans le combat contre certaines bactéries particulièrement résistantes. Rien de moins! Des études, il en a lu. Des expériences avec protocole scientifique rigoureux, il en a accompli de nombreuses pour faire avancer chaque étape de son projet qu’il nomme joliment Huiles essentielles : escouade antipathogène.

Inscrit en sciences de la nature au Cégep de Sainte-Foy, David utilise un des laboratoires pour continuer ses travaux parallèlement à ses études, à son travail à temps partiel et à sa vie sociale. Un jeune homme occupé qui, s’il le pouvait, prendrait les bouchées doubles pour arriver à l’université plus tôt. « C’est mon but depuis tellement d’années! lance-t-il en soupirant. J’en rêve! Comme bien d’autres, je trouve l’étape du cégep difficile. Il me semble qu’on a envie d’être rendu à étudier seulement dans le domaine qui nous intéresse et qu’on est moins tenté par les cours plus généraux. Mais en même temps, je suis content de le faire, parce que ça me permet de mûrir, d’apprendre à mieux gérer mon temps et de penser à ce que je veux vraiment accomplir plus tard. »

PRÉPARER LE FUTUR
Et « plus tard » est déjà dans la mire du jeune savant. mais lorsqu’on lui demande s’il se dirige vers la recherche fondamentale, le futur médecin nous répond : « Non, je ne crois pas. J’ai l’impression qu’il me manquerait quelque chose d’important pour être heureux. J’aime bien les laboratoires, mais j’ai aussi besoin d’être avec les gens, d’échanger, d’avoir une portée directe. » celui qui a bon espoir d’intégrer le programme en sciences de la médecine de l’Université laval à l’automne 2013 croit qu’il va toujours continuer à faire de la recherche, mais parallèlement.

Pour le moment, son projet le motive énormément et il entrevoit un bon potentiel dans ce dernier pour combattre certaines bactéries devant lesquelles les antibiotiques traditionnels perdent de plus en plus de terrain. « Si la combinaison des huiles essentielles et des probiotiques fonctionne, poursuit David avec sérieux, ça pourrait s’avérer superutile pour les pays en développement, par exemple. La production des huiles et des probiotiques
est très peu coûteuse et ne demande pas  d’installations complexes et dispendieuses à faire fonctionner. La population locale pourrait y travailler, en vivre tout en aidant les gens à mieux faire face à certaines bactéries. »

Déjà David recueille l’appui du cégep de Sainte-Foy qui lui permet d’utiliser ses laboratoires, celui de l’institut de biologie intégrative et des systèmes (IBIS) de l’Université laval, dans la guidance de son projet, et celui des compagnies Bio-K et Divines essences qui le fournissent en probiotiques et en huiles essentielles. il s’est acquis un autre appui de taille en remportant le prix AVENIR sciences et applications technologiques, au dernier gala Forces AVENIR au collégial.

- SANDRA GRAVEL

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