D’avocat à entrepreneur social

26 novembre 2015

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Avocat dans un important cabinet, Fabrice Vil a décidé de se consacrer à temps plein à l’organisme qu’il a fondé : Pour 3 points. Cet organisme sans but lucratif a pour mission de former des entraîneurs de basketball qui deviendront de véritables coachs de vie pour des jeunes issus de milieux défavorisés.

Né à Montréal de parents d’origine haïtienne, Fabrice Vil a grandi dans un quartier pauvre de l’Est de la ville. Grâce à ses parents qui l’ont bien encadré et qui ont misé sur sa scolarité, il a pu étudier dans une école de renom (le Collège Jean-de-Brébeuf), puis devenir avocat. Mais ça n’a malheureusement pas été le cas pour plusieurs de ses amis. « Je les ai vus décrocher et quitter les bancs de l’école pour tomber dans la drogue. Certains ont même eu des démêlés avec la justice. »

Passionné de basket et entraîneur à 16 ans, parallèlement à ses études, Fabrice s’est rendu compte de l’influence que ses entraîneurs ont eue sur sa vie. « Bien au-delà du sport, ils m’ont aidé à grandir dans toutes les sphères de ma vie. » En 2011, il a alors l’idée de fonder Pour 3 points (P3P) avec des amis, un organisme qui mise sur la formation d’entraîneurs de basket pour les jeunes de 12 à 17 ans.

Étalé sur deux ans, le programme vise à développer le leadership et les habiletés des entraîneurs afin qu’ils puissent avoir une influence significative sur l’adolescent, et sur son entourage. « Le coach doit travailler en collaboration avec les parents, mais aussi avec les enseignants pour qu’il y ait un effet multiplicateur », explique Fabrice.

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Un projet ambitieux

Actuellement, P3P compte 24 entraîneurs en formation (22 en basket et 2 en soccer). Fabrice souhaite en recruter 30 de plus l’année prochaine, pour atteindre le nombre de 150 en 2018. Un projet ambitieux, mais pas impossible! Pour le jeune entrepreneur, en effet, il ne suffit pas d’avoir un rêve, il faut le concrétiser avec des actions et des solutions. Le nom même de l’organisme est un clin d’œil au pointage le plus élevé que l’on peut récolter en un seul lancer au basketball. « C’est une manière de dire que l’on vise toujours le meilleur pour nos coachs, pour les jeunes et pour notre entreprise. Nous avons l’audace et l’ambition de changer le monde à notre façon », explique-t-il.

Cette approche semble très bien fonctionner puisque sept écoles de quartiers défavorisés (dont Saint-Michel, Saint-Henri et Montréal-Nord) bénéficient déjà du programme. Une fois formés, les entraîneurs sont directement embauchés par les écoles. La formation n’est pas encore reconnue par le gouvernement provincial, mais l’organisme y travaille. Sur le terrain, les actions portent déjà leurs fruits. Ainsi, Fabrice évoque avec fierté l’exemple d’un adolescent en grande difficulté. « Les enseignants pensaient qu’il allait décrocher, car, en plus d’être devant un échec scolaire, il flirtait avec la délinquance. Au bout d’un an de coaching, le jeune est encore à l’école et la situation s’améliore. C’est vraiment encourageant. »

Fabrice regrette-t-il d’avoir abandonné le confort de son emploi d’avocat pour se consacrer à temps plein à son rôle d’entrepreneur social? « J’aimais ce que je faisais, mais mon désir profond était d’aider les jeunes en difficulté. Aujourd’hui, je me lève avec une raison d’être. »

Faites un don en ligne!

Chaque année, Pour 3 points organise une collecte de fonds afin d’amasser des sommes qui serviront, entre autres, à payer la formation des entraîneurs. À titre d’exemple, 25 $ permettent de financer trois heures de formation.

Pour faire un don, il suffit de se rendre sur le site au : www.pour3points.ca

- Diane Stehlé

Photographie: Alain Wong

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