Émilie Heymans sur un nouveau tremplin

11 février 2015

EHeymans3_Crédit Stéphanie Culakowa

De son adhésion à l’équipe nationale de plongeon, en septembre 1996, jusqu’au jour de sa retraite, en janvier 2013, Émilie Heymans a couru les compétitions et collectionné les médailles en se lançant à l’eau, tête première, partout autour du monde. C’est l’histoire de ce long et périlleux parcours – accompli avec une détermination farouche et jalonné de quatre médailles olympiques – que la plongeuse raconte dans sa biographie, Plonger dans la vie, en librairie depuis peu.

Le moins que l’on puisse dire d’Émilie Heymans, c’est qu’elle n’a pas eu peur de se mouiller, même si elle avoue dans sa biographie avoir souvent ressenti de la peur avant de plonger, surtout du haut de la tour de dix mètres. Peur de se blesser, de se tromper, de manquer son coup… Mais elle adorait plonger. « C’est difficile à expliquer, concède-t-elle. C’est une peur mêlée à de l’adrénaline. Mais quand tu touches l’eau et que tu sais que tu as réussi ton plongeon, le sentiment d’accomplissement et de dépassement est tellement fort qu’il te fait oublier ta peur. En fait, plus tu pratiques, plus tu peux dominer ta peur. » Et quand Émilie Heymans parle de pratique, elle sait de quoi elle parle. On ne devient pas médaillée olympique à quatre reprises – aux Jeux de Sydney (2000), de Grèce (2004), de Pékin (2008) et de Londres (2012) – sans investir un nombre incalculable d’heures dans l’entraînement. Conditionnement physique, contrôle du poids, dosage de l’énergie, équilibre mental, chaque aspect nécessite un travail intense.

EHeymans1_Crédit Stéphanie Culakowa

« Je réalise aujourd’hui, avec le recul, l’ampleur des efforts que j’ai dû fournir et toute la discipline que j’ai dû m’imposer pour être une athlète de haut niveau. » À la retraite depuis maintenant deux ans, la plongeuse se repose de la compétition, mais consacre néanmoins beaucoup d’efforts à de nouveaux défis. Le premier a pris la forme d’une petite fille, nommée Fiona (eh oui, comme la copine de Shrek!), venue au monde en octobre 2013, exactement neuf mois après l’annonce de sa retraite!

Le second défi relevé par la jeune femme résulte d’un cadeau reçu de sa famille en 2002 : une machine à coudre. Déjà passionnée de mode et de design à cette époque, Émilie rêvait de créer des maillots de bain différents, faits de tissus originaux. C’est ce qui l’a guidée vers l’École supérieure de mode de Montréal où elle a commencé à étudier en 2005 tout en poursuivant sa carrière sportive, en prévision du jour où celle-ci se terminerait. Heureuse décision qui lui a permis de vivre une transition relativement facile à l’issue de sa carrière de plongeuse. « Quand t’es athlète, tu sais que la retraite va arriver un jour. Ça faisait un petit moment que je préparais ma sortie en terminant mon programme d’études. Aujourd’hui, je suis complètement passée à autre chose. » Du plongeon à la création, pourquoi pas?

Où en est-elle avec ce projet? « Mon entreprise est en développement. Ça fait deux ans maintenant que je produis des maillots. J’ai ma boutique en ligne (emilieheymans.com) pour le public en général et je fabrique des maillots personnalisés et exclusifs pour des clubs de natation, de water-polo, de nage synchronisée et divers organismes. » De la conception à l’administration, en passant par la vente et la distribution, l’entrepreneure s’occupe de tout, ou presque. « J’importe mon tissu d’Italie, je fais faire l’imprimé personnalisé à Montréal, mais je confie la confection à une industrie de la Beauce. »

Émilie a donc bien réussi à se redéfinir, comme femme et comme individu, après s’être donnée entièrement au plongeon de haut niveau durant plus de 16 ans. D’ailleurs, elle donne des conférences sur son expérience sportive dans les écoles et les entreprises. Même si, à 33 ans, elle est bien plongée dans sa nouvelle vie, son intérêt pour le sport de compétition demeure néanmoins, car elle caresse un autre rêve : « J’aimerais avoir un rôle à jouer lors des Jeux de Rio, en 2016, mais je ne sais pas encore lequel, confie-t-elle. Les Jeux de Rio seront les premiers que je vivrai de l’extérieur depuis l’an 2000. » Parions qu’elle ne sera pas fâchée d’y participer enfin… au sec.

EHeymans4_Livre

Quadruple médaillée olympique après quatre Jeux olympiques consécutifs, Émilie Heymans a su faire preuve d’une très grande détermination. De la gymnastique au plongeon de haut vol, de sa carrière de plongeuse à sa nouvelle vie d’entrepreneure et de mère, la jeune femme nous raconte son parcours exceptionnel sur un ton intimiste et sans prétention.

Plonger dans la vie d’Émilie Heymans, 320 pages, Éditions La Semaine

- Sylvie Lamothe

Commentaires

commentaires