Empress of Ireland – Cent ans plus tard

1 mai 2014

Dans la nuit du 29 mai 1914, l’Empress of Ireland se dirige vers Liverpool, en Grande-Bretagne, après avoir quitté le port de Québec avec 1 477 personnes à son bord. C’est alors qu’une improbable collision met fin à sa traversée et provoque l’une plus grandes catastrophes maritimes du vingtième siècle avec les naufrages du Titanic et du Lusitania. On soulignera, ce printemps, le centenaire de cette tragédie.

Parmi les passagers se trouvent, entre autres, 170 membres de l’Armée du Salut, dont un orchestre de 39 musiciens qui se rend à Londres pour un congrès, 300 travailleurs mis à pied par Ford, qui retournent à la maison, des immigrants qui repartent faute d’avoir réussi à faire leur place en terre d’Amérique et, bien sûr, quelques voyageurs plus fortunés qui voyagent en première classe.

Propriété de la Canadian Pacific Steamship, l’Empress of Ireland était alors reconnu comme l’un des plus grands, des plus rapides et des plus confortables navires assurant la traversée vers l’Europe. À l’instar des autres paquebots de cette époque, son décor était somptueux : boiseries, plantes et fleurs ornaient les salons, bibliothèques et salles à manger.

Cette nuit-là, l’Empress navigue sur le Saint-Laurent, au large de Pointe-au-Père. Soudain, après qu’un banc de brume épais eut surgi, le Storstad, un charbonnier norvégien, emboutit accidentellement le navire sur son côté tribord, en plein centre. Malheureusement, le pilote du Storstad n’arrive pas à rester dans la brèche, ce qui permet aux eaux du fleuve de s’engouffrer rapidement. Quatorze minutes plus tard, l’Empress coule au fond.

Tout va tellement vite que des passagers sont réveillés alors que l’eau pénètre leur cabine. Fraîchement montés à bord, ils ne connaissent pas la configuration du navire et cherchent la sortie dans l’obscurité. Comme le bateau gîte sérieusement à tribord, des chaloupes se détachent à bâbord et glissent sur le pont, écrasant tout sur leur passage. Plusieurs personnes sont jetées à l’eau. Puis, lorsqu’il chavire complètement, ses deux grandes cheminées frappent l’eau et, du même coup, une chaloupe remplie de passagers. C’est l’horreur : sur les 1 477 voyageurs, 1 012 périssent dans le Saint-Laurent. Toutes ces circonstances, conjuguées à la basse température, expliquent que seulement 465 personnes aient survécu.

La Deuxième Guerre mondiale, qui éclatera quelques semaines plus tard, fera rapidement oublier le naufrage de l’Empress. Entre-temps, néanmoins, la Canadian Pacific Steamshipa envoyé des scaphandriers au fond afin qu’ils percent la coque avec des explosifs et récupèrent les 252 lingots d’argent chargés au port de Québec.

Ce n’est qu’en juillet 1964 que l’épave sera retrouvée. Durant les décennies qui suivront, une grande quantité d’artefacts seront prélevés sur l’épave, forçant le gouvernement québécois, en 1999, à classer l’Empress of Ireland comme un bien historique et archéologique. Ce patrimoine culturel est dorénavant protégé.

De nombreuses activités de commémoration auront lieu dans la région de Rimouski, à compter du 28 mai : souper spectacle, concert de cloches d’église, dîner-croisière, pièce de théâtre, causeries avec des plongeurs et avec des descendants de passagers et de membres d’équipage, etc. Il y en aura pour tous les goûts. Avis aux intéressés!

Pour en savoir plus : http://www.empress2014.ca/accueil.html.

Sources :

WIKIPÉDIA, l’encyclopédie libre. Empress of Ireland. http://fr.wikipedia.org/wiki/Empress_of_Ireland. Consulté le 10 avril 2014.

EMPRESS OF IRELAND 1914-2014. Commémoration 29 mai 2014. http://www.empress2014.ca/accueil.html. Consulté le 10 avril 2014.

- Sylvie Lamothe

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