Éric Martel-Bahoeli – Double emploi : boxeur et intervenant social

26 septembre 2012

Plus grand que nature, cet athlète de la boxe carbure à l’entraînement et au sport de combat. Mais mis à part sa carrière professionnelle chez les poids lourds, Éric Martel-Bahoeli intervient aussi auprès des jeunes en difficulté. Rencontre avec un homme qui a su trouver sa place.

C’est un colosse de 6 pieds 3 pouces et de 265 livres qui nous offre un sourire sympathique à son arrivée. Habitué aux médias depuis qu’il est passé du côté professionnel, Éric Martel-Bahoeli se prête très bien au jeu des entrevues. C’est peut-être aussi parce qu’il aime les communications et qu’il a parfois tenu le rôle de commentateur pour certains matchs.

Grandir à Québec
C’est dans la basse-ville de Québec qu’Éric Martel-Bahoeli a passé son enfance et c’est un peu grâce à sa mère s’il a hérité de cette attirance pour le sport. « Ma mère était très sportive, précise-t-il. Elle faisait beaucoup de natation et de patin. L’hiver, on allait souvent patiner sur la rivière Saint-Charles. J’adorais ça! »

Sa famille, comme une source d’inspiration, revient souvent dans les propos d’Éric. Il en découvrira une autre plus tard grâce à la boxe. « J’ai trouvé plus qu’un sport. J’ai trouvé une deuxième famille, poursuit l’athlète. J’étais enfant unique et je cherchais à faire du sport, mais j’étais parfois tenu à l’écart des sports d’équipe. Ce milieu m’a permis de rencontrer d’autres sportifs comme moi et des amateurs qui sont devenus des amis proches avec le temps. »

Découvrir le monde
C’est vers 16 ans qu’il commence à s’entraîner. À 18 ans, il a droit à son premier face à face qui se termine par un K.O. en sa faveur. Devant ce début encourageant, Éric Martel-Bahoeli continue à se perfectionner dans sa discipline et à gravir les échelons jusqu’à faire le saut en boxe professionnelle en 2008.

Aujourd’hui, il réside toujours à Québec où il s’entraîne avec François Duguay, surnommé « le créateur de champion », entraîneur de Pier-Olivier Côté qui figure parmi les dix meilleurs au monde dans la catégorie des 140 livres. Grâce à la boxe, Éric Martel-Bahoeli a beaucoup voyagé. Celui qui aime rencontrer des gens et explorer de nouvelles cultures a visité de nombreux pays comme la Finlande, le Royaume-Uni, le Vénézuéla. « J’ai aussi participé aux Jeux de la Francophonie au Niger, en Afrique. Ce qui est intéressant dans ça, c’est que c’est ouvert à n’importe qui. Quand tu te dépasses, que tu travailles fort et que tu gagnes, tu reçois du soutien financier et le monde s’offre à toi. »

Ce sportif qui a fait plusieurs fois le Colisée et le Centre Bell caresse aussi d’autres rêves en lien avec le monde de la boxe, entre autres, celui d’avoir sa propre école de boxe et d’entraîner de jeunes athlètes. Jouer le jeu de l’analyste lui plairait aussi éventuellement.

Intervenir auprès des jeunes
En parallèle à sa carrière de boxeur professionnel, pour laquelle il s’exerce six jours par semaine, Éric Martel-Bahoeli est aussi agent d’intervention au Centre jeunesse de Québec. Un travail qui correspond bien à son tempérament calme et posé. « J’aimerais bien un jour offrir des cours de boxe à ces jeunes parce que la boxe, malgré ce que les gens pensent, ce n’est pas un sport de violence. C’est au contraire une très bonne façon de canaliser l’énergie de la colère et de la transformer en sport, en une activité positive. »

S’inspirer de grands hommes
Ce n’est pas un hasard si le poids lourd prend soin des jeunes en difficulté. Inspiré par des modèles comme Martin Luther King et Mohamed Ali (il porte d’ailleurs fièrement le visage de l’inimitable boxeur tatoué sur son avant-bras droit), Éric admire ces hommes pour leur persévérance et pour leur engagement sans limites dans tout ce qu’ils faisaient.

Éric Martel-Bahoeli avance dans la vie avec sérénité et confiance. Et c’est en quelque sorte ce qu’il souhaite inculquer aux jeunes qu’il côtoie : le désir d’installer une certaine stabilité dans leur vie… un peu comme ce que le monde de la boxe a fait pour lui.
- SANDRA GRAVEL

Commentaires

commentaires