La résidence Le Portail – Histoires de femmes

8 avril 2013

La résidence Le Portail - Histoires de femmes

Dans la société moderne où l’on vit, les problèmes de dépendance aux drogues, aux médicaments ou à l’alcool sont nombreux, complexes et ravageurs. De fait, les dommages associés à la consommation des substances psychotropes affectent sérieusement l’individu et son entourage, car on constate un processus d’éloignement des valeurs personnelles, une perte de liberté et un isolement. Les femmes touchées par ce fléau sont particulièrement fragilisées, puisque leur situation socio-économique est généralement plus précaire que celle des hommes. Aussi est-il important de leur apporter une aide bien adaptée à leur réalité.

La Résidence Le Portail est une maison de thérapie qui s’adresse exclusivement aux femmes qui souffrent de dépendance à l’alcool, aux drogues ou aux médicaments. Situé à Saint-Augustin-de-à Desmaures, l’organisme accueille annuellement de 130 à 150 femmes qui y reçoivent une thérapie intensive de quatre semaines, avec hébergement. Au besoin, cette période peut être prolongée jusqu’à 12 semaines. La philosophie de la maison s’appuie sur une analogie entre les résidentes et… un iceberg! La partie visible, minime, représente les problèmes de consommation, alors que la partie invisible, plus importante, cache des secrets, des blessures et des souffrances, mais aussi des rêves, des talents et des valeurs. Couper la partie visible de cet iceberg permet à la partie submergée de remonter à la surface et de laisser entrevoir des éléments jamais dévoilés.

Résidence Le Portail

L’APPROCHE THÉRAPEUTIQUE
Le programme d’aide de la Résidence tient compte des aspects médicaux, psychologiques et sociaux propres à chaque femme. L’approche thérapeutique se décline en deux volets d’intervention : un suivi de groupe et un suivi individuel, pour lequel chaque résidente est jumelée avec une thérapeute. Selon Pierre Vachon, directeur général de l’établissement : « La consommation, ce n’est pas le problème. C’est plutôt le symptôme d’un malaise profond chez la personne dépendante, une stratégie d’adaptation qui cause plus de problèmes qu’elle n’en règle. Ici, à la Résidence, on souhaite d’abord que les femmes retrouvent leur qualité de vie, leur estime d’elles-mêmes et regagnent leur dignité, mais surtout qu’elles développent des outils pour affronter la vie autrement qu’avec la consommation comme seule réponse. Elles arrivent ici complètement déchirées parce qu’elles ne se reconnaissent plus. Ce déchirement crée une souffrance intérieure, un grand vide. Alors, on les aide à se reconnecter avec elles-mêmes et avec les autres. »

Ultimement, il s’agit donc de leur redonner le droit à la parole, de les amener à raconter leur histoire. « C’est un privilège quand elles nous font assez confiance pour oser dire quelque chose qui n’a jamais été dit », ajoute Pierre Vachon. Et de les guider ensuite dans les découvertes qu’elles font pour qu’elles conservent ce qui leur ressemble et leur appartient et prennent une saine distance avec le reste.

Pierre Vachon, directeur général
DANS LES FAITS
La Résidence Le Portail dessert une large clientèle, dont la moitié provient de l’extérieur de la région de Québec. Certaines femmes sont dirigées vers le Portail par un médecin, un psychologue ou un travailleur social, mais d’autres s’y présentent par initiative personnelle. « L’une de nos forces, c’est de répondre rapidement à la demande pour ne pas briser l’élan qui les a menées vers nous, précise le directeur général. On les rencontre rapidement, on évalue tous les aspects de leur situation, y compris l’aspect médical. » Le jour, les résidentes peuvent compter sur trois thérapeutes responsables de l’application du programme et du suivi individuel et, le soir comme la nuit, sur deux intervenantes. Elles bénéficient donc d’un soutien continu, quel que soit le moment.

Si l’organisme tire avantage d’un financement public récurrent, il a néanmoins beaucoup augmenté son autonomie financière dans les dernières années, les fonds publics équivalant aujourd’hui à 50 % de ses revenus, alors que la proportion était de 75 à 80 %, il y a cinq ou six ans. Les résidentes, quant à elles, paient des frais de séjour minimes, tenant compte de leurs ressources individuelles. Pour aider celles qui ne peuvent défrayer totalement le coût de la thérapie, la Résidence organise annuellement une activité de financement appelée Sobriothon. Ainsi, en février dernier, près d’une centaine de participants ont accepté de rester sobres pendant une semaine et de solliciter leur entourage pour les sensibiliser à la cause en plus de récolter des fonds. Résultat : plus de 20 000 $ de dons!

Chambre de la Résidence Le Portail

À CHACUN SON HISTOIRE
Selon l’expérience personnelle de Pierre Vachon, le dénominateur commun des personnes dépendantes serait l’hypersensibilité. « Y’a pas deux histoires pareilles. Pour un même événement, deux personnes ne vivront pas la même chose, ni la même émotion. D’ailleurs, une seule phrase entendue dans l’enfance peut servir de base à une dérive qui surgira plus tard dans la vie. » L’hypersensibilité rendrait donc l’individu plus perméable à l’émotion. Et une émotion forte profondément imprimée risque de susciter d’importantes répercussions, d’où la possible démesure de la réaction. Et d’où l’importance d’apprendre à gérer et à exprimer ses émotions. Heureusement, c’est possible. Les ressources sont là, à portée de main. Entre autres, dans une grande maison au toit rouge, à Saint-Augustin-de-Desmaures.

- SYLVIE LAMOTHE

418 878-2867
www.residenceleportail.org

Salon de la Résidence Le PortailL'une des salles de la Résidence Le PortailPierre Vachon, directeur généralL'une des pièces de la Résidence Le PortailCusine de la Résidence Le PortailL'une des chambres de la Résidence Le PortailL'une des pièces de la Résidence Le Portail

Commentaires

commentaires