Le calme olympien de Charles Hamelin

22 avril 2015

Charles Hamelin 02

Difficile de lui trouver des défauts. Quadruple médaillé olympique ayant remporté plus de cent médailles dans les coupes du monde, le patineur de vitesse de courte piste Charles Hamelin est désarmant de simplicité, de générosité et d’humour. 

Mais sur la glace, il ne cède pas sa place. Bien sûr, il a ses moments de colère, comme à Sotchi, en 2014. On raconte qu’il voulait tout détruire après être tombé, en quart de finale du 1 000 mètres et ensuite dans les préliminaires du 500 mètres. « Je n’ai parlé à personne avant de m’être calmé. J’ai pleuré un bon coup dans les vestiaires, et ensuite j’ai rencontré les journalistes », raconte-t-il.

Derrière chaque athlète, des parents remarquables?

C’est dans des moments difficiles comme ceux-là que l’on voit de quoi sont faits les vrais athlètes. Mais d’où vient cette force, essentielle dans le sport de compétition? En octobre 2013, Frédéric Daigle du quotidien La Presse écrivait : « L’adage dit que derrière chaque grand homme se cache une grande femme. On pourrait facilement l’adapter et dire que derrière chaque Olympien se cache une maman attentionnée ». Ça semble être le cas pour les frères Hamelin, François et Charles. Leurs parents les ont accompagnés dès le début de l’aventure. Rappelons que François, plus jeune que Charles de quelques années, fait également partie de l’équipe nationale de patinage de vitesse. Leur père, Yves Hamelin, est aujourd’hui directeur du programme courte piste de Patinage de vitesse Canada, lui qui ne connaissait rien à ce sport avant que ses fils ne s’y impliquent. Leur mère, Manon Goulet, a quant à elle toujours été là pour eux, et continue de l’être. Elle était avec ses fils à tous les Jeux olympiques auxquels ils ont participé. « Pour nous, ça fait une énorme différence qu’elle soit là. Elle a un effet apaisant sur nous », explique son fils.

Cultiver l’art (olympien) de garder son calme

Charles Hamelin explique que sa mère leur a transmis, à François et à lui, son calme et sa faculté de faire face aux difficultés, sans paniquer. « C’est très utile dans le sport de compétition de garder sa poker face! », s’exclame-t-il, en riant. « Il existe dans notre milieu un certain code d’honneur, il n’y a pas de place pour l’hostilité. En dehors de la glace, il règne une atmosphère de camaraderie et de saine rivalité entre les concurrents et un véritable esprit de famille entre les membres d’un même club. C’est ce que j’aime le plus et dont je m’ennuie vraiment dans les temps d’arrêt. »

Rendez-vous à Pyongchan, en 2018

Les deux frères Hamelin visent les Jeux olympiques de Pyongchan, en 2018, et travaillent fort dans ce but. Durant les derniers mois, ils ont participé à des compétitions en Allemagne, en Turquie et en Russie. Pour Charles, ça sera peut-être ses derniers jeux… « ou peut-être mes avant-derniers », ne peut-il s’empêcher d’ajouter.

La vie de « couple olympique », c’est faisable?

Charles est tombé sous le charme de Marianne Saint-Gelais, championne de patinage de vitesse et membre de l’équipe canadienne, durant des qualifications, en 2007. « Je suis plutôt gêné de nature, Marianne est tout le contraire. Elle est venue vers moi, et… les dés étaient jetés! Sa bonne humeur, sa chaleur, sa générosité, sa curiosité sont contagieuses. Elle établit des liens avec les gens à une vitesse record, c’est une fille avec qui il fait bon vivre », nous raconte cet amoureux. Elle n’aurait donc aucun défaut? Sans hésiter, il répond : «  Elle a la mèche courte et elle est incapable d’être patiente, alors que c’est ma spécialité! »

Être un athlète olympique demande une discipline du tonnerre. Hamelin et Saint-Gelais ont cela en commun. Tous deux ont dû faire des sacrifices, des choix. « Faire le party, c’est le fun. Mais le lendemain matin arrive très vite, quand tu dois être sur la glace à six heures du matin, explique Charles. C’est donc un réel avantage de partager sa vie avec quelqu’un qui comprend bien les contraintes du sport de compétition. » Mais les règles du jeu sont très claires : aucun des deux ne se substitue à l’entraîneur de l’autre. « Marianne, c’est mon amoureuse, pas mon coach. »

Les médailles de Charles

Sotchi (2014) : médaille d’or au 1 500 m

Vancouver (2010) : médaille d’or au 500 m et médaille d’or au relais 5 000 m

Turin (2006) : médaille d’argent au relais 5 000 m

Coupes et championnats du monde : plus de cent médailles obtenues entre 2006 et 2015

- Renée Senneville

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