Le don d’organes, une source de vie

4 février 2013

Vous connaissez une personne sur la liste d’attente pour un don d’organes? Eh bien sachez qu’au Québec seulement, ce sont 1 264 personnes qui étaient en attente d’une greffe en 2011 par rapport à 1 009 en 2009, une augmentation significative de 25,3 % en deux ans à peine! Comment expliquer une telle progression? Simple, mais désolant : le nombre de donneurs stagne. De 136 en 2009, il n’était que de 137 en 2011, avec comme conséquence que 59 patients en liste d’attente sont décédés en 2011 contre 42 en 2009, un écart essentiellement attribuable à la rareté des donneurs.

Si on peut se réjouir que 396 personnes au Québec aient bénéficié d’une transplantation en 2011, grâce à 137 donneurs, le Québec fait toutefois pauvre figure par rapport aux autres provinces : 6 donneurs par million d’habitants contre une moyenne canadienne de 14,4 en 2011, la Colombie-Britannique se classant au premier rang avec 23 donneurs et l’Ontario, au deuxième avec 19, loin derrière les 35 donneurs par million d’habitants en Espagne qui remporte la palme mondiale du don d’organes. La moyenne des pays d’Europe se situe à 19 donneurs par million d’habitants.

Bien que 80 % des Québécois se disent favorables au don d’organes, le nombre de donneurs reflète sans contredit un écart profond entre les attitudes et le comportement. Afin de combler cet écart qu’on observe aussi dans d’autres pays, certains comme la Belgique et la France ont modifié leur législation respective pour rendre automatique le don d’organes ou de faire en sorte que la règle du consentement présumé s’applique en cas de décès. Ce faisant, ils sont parvenus à augmenter de façon significative le nombre de donneurs. Au Québec, une pétition signée par plus de 5 000 citoyens a été déposée à l’Assemblée nationale du Québec afin de rendre automatique le don d’organes, mais les amendements législatifs se font toujours attendre.

On ne saurait sous-estimer la valeur du don d’organes, quel qu’il soit. Plusieurs organes vitaux, notamment le coeur, les poumons, le foie et les reins, peuvent être rapidement transplantés et ainsi sauver plusieurs vies, de même que plusieurs tissus comme les os, les valves cardiaques ainsi que les globes oculaires. Saviez-vous qu’un seul globe oculaire peut être utilisé pour plusieurs patients? Nous pouvons même faire un don de certains organes de notre vivant, comme le rein et le foie, dont on peut prélever une partie et la transplanter avec succès chez l’individu qui en a besoin – des sondages ont d’ailleurs montré qu’une majorité de Canadiens n’hésiteraient pas, en cas de besoin, à donner un rein à une personne proche.

Les deux situations qui ouvrent la voie à un don d’organes sont le décès neurologique (arrêt définitif des fonctions du cerveau) et le décès cardiocirculatoire, situations qui peuvent survenir dans le cas des ACV, des traumatismes crâniens sévères et de l’anoxie cérébrale, notamment par pendaison. Il revient à un comité de transplantation d’assurer l’évaluation des donneurs potentiels dans l’ensemble des centres hospitaliers du Québec, et les médecins sont impliqués dès les premiers instants puisque chaque seconde est comptée lorsqu’une situation propice au don d’organes se présente.

Geste d’altruisme et de solidarité, le don d’organes est une profonde marque de respect de la vie, exprimée tant par les proches survivants que par ceux qui, de leur vivant, offrent une partie d’eux-mêmes pour préserver la vie d’une autre personne. Jusqu’à ce que la pression populaire parvienne à convaincre nos gouvernements de la nécessité de légiférer pour rendre automatique le don d’organes en cas de décès, il faut donc encourager la cause en signant notre carte de don d’organes. De cette façon, nous pourrons répondre plus adéquatement et plus rapidement aux personnes en attente d’un organe, en attendant de suivre l’exemple de plusieurs pays d’Europe qui, comme l’Espagne, n’ont plus besoin d’en être convaincu depuis près de vingt ans!

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