LES CHAMPS-ÉLYSÉES DE QUÉBEC

13 juin 2013

Par son caractère architectural et historique, la Grande Allée est certainement parmi les artères les plus prestigieuses et les plus connues de la ville de Québec. Petite histoire de l’une des premières voies de communication de la capitale.

Au 17e siècle, l’odonyme Grande Allée désignait la longue allée qui menait de la ville fortifiée au cap Rouge. C’était le chemin que les gens de l’extérieur empruntaient pour se rendre en ville. Au 18e siècle, progressivement, on n’utilise plus le nom de Grande Allée que pour la portion qui va du Vieux-Québec actuel à l’avenue des Érables, et l’appellation chemin Saint-Louis est employée pour son prolongement vers Sillery.

À la fin du 19e siècle, la haute bourgeoisie s’installe sur la Grande Allée, qu’on surnomme désormais les « Champs-Élysées de Québec ». La construction de villas de campagne et l’aménagement de vastes domaines en font alors un lieu de villégiature très prisé. S’établissent ensuite des communautés religieuses et des sociétés caritatives.

La bourgeoisie et l’architecture

C’est la construction de l’hôtel du Parlement, entre 1877 et 1886, qui provoque le développement de l’artère. On l’élargit, on y aménage des espaces de verdure et on plante de nombreux arbres, ici et là. La Grande Allée figure d’ailleurs parmi les premières rues de la ville à être macadamisée, éclairée et aménagée pour le passage des tramways. Dès lors, la Grande Allée devient l’artère la plus réputée de Québec et, au fil du temps, un lieu identitaire.

La présence de l’hôtel du Parlement en fait l’endroit de prédilection de l’élite bourgeoise et politique de la ville. À la fin du 19e et au début du 20e siècle, des membres de cette haute bourgeoisie érigent sur la Grande Allée de prestigieuses résidences, d’une grande qualité architecturale, qui s’ajoutent aux importants bâtiments publics, institutionnels et religieux des environs. Depuis, le secteur de la Grande Allée offre une diversité peu commune de styles architecturaux qui témoigne de l’évolution de cet art, ici à Québec, au cours de l’histoire.

De nos jours, cette voie porte les noms suivants : rue Saint-Louis, à l’intérieur des murs du Vieux-Québec, Grande Allée Est et Grande Allée Ouest, à l’extérieur des murs, et chemin Saint-Louis. En février 2006, en raison des fusions municipales, l’odonyme Grande Allée a été étendu à la portion du chemin Saint-Louis comprise entre l’avenue des Érables et l’avenue Holland. Finalement, la Grande Allée aboutit aux ponts de Québec par son prolongement sur le boulevard Laurier.

Les parcs et les arbres

Grâce aux nombreux ormes d’Amérique et aux érables qui ont été plantés lors des travaux d’élargissement et d’embellissement de la Grande Allée, entre 1886 et 1888, la ville jouit aujourd’hui d’un couvert végétal dont la beauté, la qualité et l’aspect imposant, aux abords immédiats de l’artère et dans les rues avoisinantes, sont vraiment exceptionnels.

Longeant le parc de la Francophonie à l’Est, les plaines d’Abraham et le parc du Bois-de-Coulonge à l’Ouest, la Grande Allée donne également accès à des espaces verts d’une incroyable beauté. À lui seul, le parc des Champs-de-Bataille, sur les plaines d’Abraham, constitue un parc urbain d’une valeur inestimable et un véritable poumon au cœur de la ville avec sa centaine d’hectares de plaines et de vallons fleuris, boisés ou gazonnés.

Endroit de festivités

Depuis quelques années, ce sont surtout ses terrasses ensoleillées, ses restaurants branchés et ses bars et discothèques qui attirent les foules. La grande artère est maintenant reconnue pour sa nightlife trépidante et pour les grands événements qui s’y déroulent chaque année, comme le Festival d’été, les festivités de fin d’année, la Fête nationale, le Festival international de musiques militaires, le Carnaval et le Grand Prix cycliste de Québec (présenté depuis 2010), pour n’en nommer que quelques-uns.

À travers les années, la Grande Allée est devenue une artère urbaine distinguée et symbolique, ainsi qu’un incontournable lieu de rendez-vous festif et touristique, tant pour les citoyens de Québec que pour les visiteurs.

- Sylvie Lamothe

Commentaires

commentaires