Les restos à l’ère des médias sociaux

26 novembre 2015

Steak de Thon crop

À l’ère actuelle, où la génération Y est complètement foodie, les restaurateurs n’ont d’autre choix que de prendre le taureau par les cornes en étant de plus en plus présents et créatifs sur les réseaux sociaux et autres applications.

Aujourd’hui, on commande une pizza sur Twitter, on réserve sa place à l’aide d’une application et on commente son expérience sur Facebook ou sur les TripAdvisor du Web… En effet, les possibilités sont infinies pour joindre la génération « connectée » ou, en anglais, « millennial », et certains restaurateurs l’ont bien compris. Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat, tous les moyens sont bons pour tenter de fidéliser une nouvelle clientèle, alors que la compétition est féroce dans le domaine de la restauration.

Le téléphone, un mode de vie

Pour Frédéric Gonzalo, consultant en marketing et spécialiste en tourisme et restauration, les restaurateurs n’ont plus le choix, ils doivent désormais « apprivoiser la bête ». « Les médias sociaux ne sont plus seulement un canal, ils sont devenus un style de vie », indique-t-il. « Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si on parle de votre restaurant ou non sur le Web, c’est plutôt de savoir comment vous allez gérer votre présence », ajoute le spécialiste, qui doit parfois gérer des crises lorsque la « machine » s’emporte.

Parce que, oui, les médias sociaux peuvent promouvoir rapidement un établissement, mais cette vitesse peut aussi, à l’inverse, entraîner une réelle catastrophe. « Les restaurateurs n’ont plus le choix. Ils doivent se doter d’une stratégie pour saisir les occasions. On n’y pense pas toujours, mais si, par exemple, il manque des verres d’eau ou du pain sur la table avant le repas, le client peut le faire savoir sur les réseaux sociaux », explique Frédéric Gonzalo.

Saisir la balle au bond

D’autres entreprises ont toutefois réussi à saisir la balle au bond de façon remarquable. Il n’y a qu’à penser à la chaîne Domino’s, qui offre maintenant la livraison sur Twitter. « Les gens communiquent beaucoup par émoticônes. Ainsi, aux États-Unis, il est possible de tweeter une émoticône de pizza pour en recevoir une à la maison! », lance le spécialiste, en saluant cette initiative novatrice.

Chez nous, d’autres restaurateurs, comme Alex Bastide, propriétaire des cinq restaurants L’Gros Luxe de Montréal et de Québec, a lancé la toute première application permettant d’éviter les files d’attente. Ainsi, en s’inscrivant avec l’application mobile L’Gros Luxe, l’utilisateur reçoit une alerte 15 minutes avant qu’une table se libère. Simple comme bonjour. « Près de 80 % de notre clientèle nous a découverts sur les réseaux sociaux et nous voulions les aider à planifier leur soirée, en leur évitant d’attendre en file », mentionne le propriétaire du restaurant.

Photos alléchantes et partages

Les restaurants Jack Saloon ont aussi utilisé les médias sociaux à bon escient. « La nouvelle tendance est de publier des photos d’assiettes, qui sont souvent nos plats du jour. Comme les gens s’identifient sur la photo, c’est comme ça que notre publicité se fait », explique Alexandre Pouliot, responsable du marketing du restaurant de Québec.

Et tout est finement calculé pour toucher le public cible, alors que les publications payantes ont de plus en plus la cote. « Plus les gens s’identifient, plus il y a de J’aime et de partages, plus la publication est présente dans l’algorithme Facebook. Et, en payant, tu arrives directement sur le fil d’actualité de ton public cible », ajoute-t-il.

Autre génération, autres mœurs : en plus de gérer les cuisiniers, les plongeurs et les serveurs, les restaurateurs doivent maintenant connaître les rudiments des réseaux sociaux sur le bout des doigts!

Selon un sondage effectué par Ipsos MediaCT en 2013, pour le compte de la National Restaurant Association, 80 % des restaurateurs américains utilisent déjà les réseaux sociaux comme première stratégie de marketing. Gratuit et efficace.

- Élisa Cloutier

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