Les valeurs de Danièle Henkel

25 novembre 2015

Bicom - Daniele Henkel-404

Après son autobiographie parue il y a deux ans, la dragonne de l’émission Dans l’œil du dragon nous revient avec Au cœur de mes valeurs, un livre dans lequel elle parle de ses valeurs et de ses opinions. Elle raconte également des souvenirs et des expériences qui nous permettent de mieux comprendre sa vision de la vie. Sans détour et sans peur de déplaire, elle s’exprime sur des sujets où les affaires et la vie s’entremêlent sans cesse, illustrant du même coup la façon dont elle place les relations humaines au cœur de sa vie professionnelle et privée. Chaleureuse et souriante, Danièle Henkel nous a reçus dans ses bureaux de Pierrefonds afin de nous parler de son dernier ouvrage.

La notion de responsabilisation est au cœur de votre nouveau livre. A-t-on toujours le choix de ses actions?

Oui. Il faut arrêter de se trouver des boucs émissaires. J’ai écrit ce livre pour que chacun se demande après l’avoir lu : « Où en suis-je dans ma vie? À quoi est-ce que je sers finalement? » Car c’est la question essentielle. Et si le but de la vie n’est pas simplement de dormir et de manger, alors il faut prendre le contrôle de sa vie et se rendre compte qu’on a toujours le pouvoir de choisir.

Vous dites de la peur et de l’échec qu’ils sont vos compagnons de route. Pour réussir, faut-il nécessairement connaître l’échec?

Oui, l’échec est une nécessité. Vous ne pouvez apprendre si vous n’essayez pas. Il faut oser, au risque de connaître l’échec. On en ressort toujours avec quelque chose. L’humain a, de toute façon, une grande capacité d’adaptation. Je l’ai moi-même expérimenté en immigrant au Canada. C’était douloureux, j’étais déracinée, mais la volonté de vivre a pris le dessus.

Vous évoquez la situation catastrophique de l’analphabétisme au Québec. L’éducation est-elle un des piliers d’une société en santé?

Oui, et je n’entends pas éducation seulement au sens de scolarisation. L’éducation signifie aussi être capable de comprendre. Si le monde va mal aujourd’hui, c’est en partie à cause de l’ignorance. Il est donc très important de vouloir comprendre tout ce qui nous entoure pour ensuite comprendre, respecter et accepter les autres.

Vous consacrez tout un chapitre au rapport à l’argent des Québécois. Est-ce encore un sujet tabou?

Oui. Encore aujourd’hui, nous ne sommes pas fiers de nos entreprises. On regarde l’argent comme une incarnation de Satan! Et pourtant, tout le monde travaille pour de l’argent. L’argent est humain. C’est nous qui en générons et nous en avons le droit! Souvent, lors de mes conférences, je rencontre des entrepreneurs qui me disent : « J’ai une petite entreprise ». Je leur réponds : « Pourquoi dites-vous petite? Vous avez déployé tellement d’efforts pour la développer, n’est-elle pas grande à vos yeux? » Et les gens me disent alors que j’ai raison.

DH_cr. Michel Cloutier (2)(1)

Vous faites une différence entre réussir sa vie et réussir dans la vie. Agir en tenant compte de ses besoins et de ses envies profondes, est-ce la clé du bonheur?

Oui, c’est la clé. À partir du moment où vous réalisez qui vous êtes, quels sont vos rêves, vos forces et vos faiblesses et que vous arrivez à vous aimer avec indulgence, la vie prend un sens. Peu importe ce que vous ferez, ce sera toujours bien, car cela vous ressemblera. Dans mon cas, je n’aurais pas pu faire des affaires si mon entreprise n’était vouée qu’à l’argent. Elle en a besoin pour subsister, mais ce n’est pas son but premier. À travers elle, je partage la santé et la beauté. Pour moi, la meilleure récompense, c’est quand quelqu’un vient me dire qu’il se sent beau et bien dans sa peau après avoir utilisé l’un de mes équipements.

Vous avez réussi à monter une entreprise dans laquelle vous travaillez avec vos quatre enfants. Comment avez-vous réussi ce tour de force?

J’ai élevé mes enfants dans le respect mutuel. Une fois adultes, je ne leur ai jamais rien imposé et j’ai toujours respecté leurs choix. Ils ont choisi de m’accompagner. Quand nous avons un désaccord, nous essayons de trouver un consensus. Et peu importe ce qui s’est passé au bureau, quand la fin de semaine arrive, on est tous ensemble. La famille est la priorité.

Vous déplorez la manière dont nous traitons nos aînés en les abandonnant dans des foyers. Notre société gagnerait-elle à ce qu’ils soient mieux intégrés dans nos vies?

Nous sommes égoïstes et oublions que nos parents ont passé leur vie à nous élever et à nous donner le meilleur d’eux-mêmes. Et quand vient le temps de leur donner un peu d’attention, on n’est pas là. Ça me révolte. Ma mère a habité avec mon ex-conjoint et moi lorsque j’étais une jeune maman, et si mes enfants sont si équilibrés aujourd’hui, c’est en partie grâce à elle.

Avez-vous écrit ce livre en pensant à vos petits-enfants?

Oui, c’est le but ultime de tout ce que je fais. Ils viennent souvent au bureau et comprennent très bien ce que font leur mamie, leur maman et leur oncle. Ils sont émerveillés. Je leur dis que, pour en arriver là, il faut apprendre et étudier. Je les encourage à poser des questions et croyez-moi, ils en ont!

Vous dites que votre mère, qui est décédée en 2000 et dont vous étiez extrêmement proche, est plus présente que jamais dans votre vie. Croyez-vous à une communication avec les morts?

Absolument. Je n’ai pas eu d’apparition, mais c’est un ressenti. Je crois que nous continuons de communiquer d’une manière ou d’une autre avec les êtres qui nous ont marqués. Il m’arrive, dans les moments difficiles, de faire appel à ma mère et à mon père et de leur demander de m’éclairer. Et, généralement, ça marche.

De l’adolescente au tempérament bouillonnant que vous étiez à la femme pleine de sagesse que vous êtes aujourd’hui, le chemin parcouru est grand. Quel regard portez-vous sur votre parcours?

J’ai vécu ma vie pleinement, j’ai évolué parce que j’ai voulu comprendre. J’ai été souvent écorchée, j’ai souvent pleuré et j’ai accepté de ne pas avoir le contrôle sur tout. En fait, nous n’avons le contrôle que sur une chose : nous-mêmes. Et ce n’est ni grâce à l’argent ni grâce au pouvoir que l’on évolue, mais grâce au partage entre les êtres humains.

Danièle Henkel sera de retour à Dans l’œil du dragon à ICI Radio-Canada Télé, au printemps 2016.

Noël pour vous c’est…

Le rassemblement. Noël, c’est fêter la famille. C’est le moment de reconnaître qu’on fait partie des privilégiés et de redonner un peu aux autres. Chaque année, je demande d’ailleurs à mes petits-enfants de récupérer les jouets et habits dont ils ne se servent plus pour les donner.

Nous dansons beaucoup. J’adore la musique et la danse. Nous faisons des jeux, nous parlons et rions… Et nous faisons beaucoup de pauses pour grignoter de bons petits plats.

- Diane Stehlé

Photographie: Michel Cloutier

Commentaires

commentaires