Libre et toujours en mouvement

2 octobre 2015

Crédit photo Maxime Girard Tremblay

Animateur à la radio (Rythme FM) et à la télévision (Évasion, TVA), propriétaire du resto Hà à Montréal, ambassadeur de la marque de vêtements Sartorialto : Francisco Randez a toujours mille et un projets en cours et en tête. Pourtant, on en sait peu sur celui qui a incarné durant plusieurs années le parfum Le Mâle de Jean Paul Gaultier. Portrait a voulu en savoir plus.

Grand, bien bâti, cheveux noirs, tatouages sur les deux bras : oui, Francisco est beau. Magnifique même. Mais, alors qu’il me rejoint à la terrasse de ce restaurant d’un quartier populaire, c’est son immense sourire et sa simplicité qui me frappent : celui qui a foulé les passerelles durant plus de dix ans n’est pas de ceux qui roulent des épaules et brassent du vent. Au contraire, volubile et curieux de tout, Francisco vous met tout de suite à l’aise. Une déformation professionnelle sans doute pour cet habitué des entrevues en tous genres, mais aussi une preuve d’ouverture d’esprit d’un homme qui a bourlingué aux quatre coins du monde. Pour son travail  ̶  en tant que mannequin pour Jean Paul Gaultier puis comme animateur pour Évasion  ̶ , mais aussi pour le plaisir. L’un de ses voyages lui a d’ailleurs valu de vivre l’une des expériences les plus marquantes de sa vie : la rencontre de sa famille paternelle au Pays basque, en Espagne. « Ça reste un souvenir très émouvant. C’est un pan de mon histoire qui m’était inconnu. En discutant avec des tantes de mon père, j’ai obtenu des réponses que je n’avais pas. »

Une enfance sans père

Né à Montréal d’un père espagnol et d’une mère québécoise (« mes parents se sont rencontrés à l’Exposition universelle de 1967! »), Francisco a été élevé par sa mère. « Ils se sont séparés quand j’étais très jeune et je n’ai ensuite eu aucun contact avec mon père. » Seule avec trois enfants et peu de moyens financiers, sa mère a décidé de reprendre les études sur le tard. Rebelle dans l’âme et déjà allergique aux moules de toutes sortes, le petit Francisco détestait l’école. Seule discipline trouvant grâce à ses yeux : le sport. À sept ans, il en pratique déjà plusieurs, dont le judo et l’escrime japonaise. Un exutoire qui, encore aujourd’hui, lui est vital pour canaliser son énergie.

« Je me suis inscrit au cégep en arts plastiques, mais je ne savais pas vers quoi me diriger vraiment », confie-t-il. Heureusement, sa tante Rose-Marie le prend sous son aile. Propriétaire d’une boutique de vêtements, elle lui fait découvrir l’univers de la mode. De fil en aiguille, Francisco décroche, en 1999, son premier défilé de mode dans le cadre de l’émission La Griffe d’Or sur TVA. Peu de temps après, il devient mannequin pour le designer Philippe Dubuc. Ce sera ensuite une riche collaboration avec Jean Paul Gaultier. « Un homme extraordinaire à l’univers sensible et unique. J’avais toujours rêvé de travailler avec lui. » Au point que, l’objectif étant accompli, Francisco met un terme à sa carrière après dix ans de mannequinat. Se remémorant cette période dont il dit garder de très bons souvenirs, il égratigne au passage ceux qui imposent des diktats dans la mode, avec un franc-parler désarçonnant. « En Espagne, les gens sont fiers et directs. Je suis comme ça, moi aussi, très conciliant, mais il ne faut pas me piler sur les pieds! » Voilà, tout est dit. Francisco, c’est un cœur de velours et un tempérament bouillonnant.

Un électron libre et passionné

Trois heures par jour : c’est le temps minimum qu’il consacre au sport pour « rester zen ». « J’aime faire la fête. Pendant plusieurs années, je vivais le jour et la nuit. Mais j’ai réalisé que mes objectifs ne seraient pas servis par ce mode de vie là. Il faut se lever tôt pour réaliser ses rêves! » Et des rêves, l’animateur en a plein, à commencer par celui de poursuivre la vie de passions et de défis qu’il s’est bâtie à force de travail et de persévérance. Mais attention, toujours dans le plaisir. Car ce qu’il déteste au plus haut point, c’est quand travail rime avec routine. Les projets, il les entreprend toujours avec des êtres qui l’inspirent. Comme M. Hà, récemment décédé, dont il a repris le restaurant vietnamien (Souvenirs d’Indochine devenu Hà) avec des amis. Ou comme son instructeur de jujitsu, Koji Murukami, avec qui il songe à s’associer pour agrandir le dojo dans lequel il s’entraîne. Et peut-on s’attendre à une autre série de À deux, c’est mieux? « Non, travailler avec sa blonde [Évelyne Audet] est très difficile. On ne renouvellera pas l’expérience. » Par contre, il évoque à demi-mot le projet d’une émission qu’il coanimera bientôt avec un chef « qui est aussi un ami ». Et de conclure : « La vie, c’est être libre de ses mouvements. Comme au jujitsu. »

Le resto Hà se situe au 243, avenue Mont-Royal Ouest, à Montréal.

Vous pouvez retrouver Francisco tous les dimanches de 9 h à 11 h, sur Rythme FM dans l’émission Le dimanche, c’est le bonheur!

Son premier rôle

Cet automne, Francisco incarnera le personnage de David Wilson dans la série Les jeunes loups sur TVA, aux côtés de France Castel et de Julie Perreault : « Je joue un homme d’affaires et, pour le rôle, je porte mes propres costumes Sartorialto! J’ai adoré l’expérience et j’aimerais la renouveler. »

- Diane Stehlé

Photographie: Maxime Girard Tremblay

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