Plongeuse de haut vol

14 mars 2016

Azores, juillet 2015, RedBull cliff diving, ‪#‎redbullcliffdiving‬ © Romina AmatoRed Bull Cliff Diving

Sauter d’un tremplin de 20 m de haut, une folie? Pas pour Lysanne Richard, la seule Canadienne à pratiquer le plongeon de haut vol sur le circuit international. Championne du monde en titre de la Fédération internationale de natation (FINA) depuis février dernier, cette mère de trois jeunes enfants rêve du jour où ce sport extrême sera reconnu comme discipline olympique.

Petite et menue, Lysanne parle vite, une flamme dans les yeux. Depuis un an, elle se consacre à sa passion : le plongeon de haut vol. Rapidement, la jeune femme de 34 ans a réussi à se hisser parmi les meilleures au monde, sautant de falaises ou encore d’immeubles de 20 m de haut dans des étendues d’eau naturelles. Comme pour le plongeon régulier, le but est d’exécuter les plus belles figures possible. En tout cas, pour les dix premiers mètres. Car l’enjeu des dix autres est de se retourner au cours d’une chute vertigineuse qui peut atteindre 80 km/h, afin que les pieds touchent l’eau en premier. « Une entrée ratée peut conduire à une retraite prématurée », commente l’athlète native du Saguenay. Ou pire, à un accident grave, voire mortel. Alors, qu’est-ce qui la pousse à pratiquer un sport extrême comme celui-ci? « J’aime l’adrénaline qu’il me procure. J’aime sentir le vent que je produis quand je fends l’air », dit-elle. Les risques sont d’ailleurs minimisés par un entraînement rigoureux à la piscine. Toutefois, aucune n’est pourvue d’un plongeoir de 20 m de haut. Lysanne doit donc travailler ses vrilles et ses saltos à partir d’un tremplin de dix mètres pour les reproduire ensuite en haut vol.

Lys casting_Cirque du soleil, 2012

Du cirque au plongeon

Comme la plupart des athlètes de sa discipline, Lysanne s’est tournée vers le plongeon après une carrière d’acrobate. « J’ai travaillé durant des années dans le milieu du cirque, notamment pour le Cirque du Soleil et Les 7 doigts de la main. » C’est en France, il y a quinze ans, qu’elle a découvert le plongeon de haut vol. « J’ai immédiatement eu la piqûre. » Toutefois, ses trois grossesses et sa situation économique ne lui ont pas permis de s’y consacrer à temps plein. Ce n’est qu’en 2015 qu’elle a décidé de faire le saut. « Après des années à voyager à travers le monde avec le cirque, mon conjoint et moi souhaitions nous poser à Montréal avec notre famille. Et puis, j’avais envie de nouveaux défis », déclare-t-elle.

Au départ, l’entraînement a été difficile. Même si la jeune femme avait pratiqué le plongeon régulier de l’âge de sept à quatorze ans – participant à des compétitions nationales tout en poursuivant une formation en sports-études – elle était ensuite entrée à l’École nationale de cirque. « Mon dernier cours de plongeon datait d’il y a quinze ans. J’ai dû réapprendre à plonger, en plus d’améliorer l’exécution des figures! », lance-t-elle en riant.

Depuis trois ans, le plongeon de haut vol est reconnu par la FINA comme une discipline à part entière. Chaque année, des compétitions spectaculaires sont organisées un peu partout dans le monde, notamment par Red Bull. Après s’être classée deuxième l’an dernier au Red Bull Cliff Diving, au Texas, Lysanne participera fin février à la Coupe du monde de la FINA à Abu Dhabi. Mais son rêve est qu’un jour son sport fasse partie du programme des Jeux olympiques. « En 2020, j’aurai 38 ans. Ce sera parfait pour aller à Tokyo! », conclut-elle. Si l’on en croit la popularité grandissante de ce sport, son rêve est à portée de main.

Ce qu’il faut savoir sur ce sport

  • En compétition, les plongeons s’effectuent d’une hauteur de 20 à 22 m pour les femmes, de 27 m pour les hommes.
  • En entraînement, les athlètes doivent se contenter de travailler leurs figures à partir d’un tremplin de 10 m seulement.
  • La vitesse de descente atteint environ 80 km/h.
  • Le plongeon se fait généralement en milieu naturel.
  • La plupart des athlètes féminines du circuit international sont dans la trentaine, sauf une, âgée de 41 ans.
  • En compétition, quatre scaphandriers sont présents afin de vérifier si le plongeur se porte bien après avoir effectué son saut.

- Diane Stehlé

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