Rencontre avec Élise Desaulniers et Aline Perraudin

16 juin 2016

Vous aimeriez manger plus de légumes et réduire votre consommation de viande, par compassion pour les animaux, par respect pour l’environnement ou tout simplement pour votre santé? Le défi végane 21 jours et 100 jours sans viande sont deux ouvrages qui vous aideront à faire la transition. Rencontre avec leurs auteures respectives, Élise Desaulniers et Aline Perraudin.

Élise Desaulniers

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Dans votre livre, vous mettez le lecteur au défi de ne pas manger de viande pendant 21 jours. Pourquoi 21 jours?

Je voulais que le défi se pose sur une courte période de temps pour que chacun puisse essayer l’alimentation végétarienne comme s’il effectuait un voyage immersif.

Quelle est la différence entre un végane et un végétalien?

Si notre alimentation exclut les produits animaux, on est végétalien. Quand on le fait pour des raisons morales, d’éthique, on est végane.

Dans votre livre, vous déboulonnez certains mythes, notamment celui qui veut que l’alimentation végétarienne entraîne des carences.

Oui. En fait, les omnivores souffrent eux-mêmes bien souvent de carences, notamment en fibres, mais on en parle peu, car être omnivore est la norme en vigueur. J’ai rencontré plusieurs athlètes de haut niveau qui sont véganes, dont Megan Duhamel, championne du monde de patinage artistique. Elle mange ce qu’elle veut, à sa faim et s’entraîne tous les jours.

Vous y évoquez aussi l’association que fait la société entre viande et masculinité, qui nuit à la réduction de notre consommation de viande.

Il faut s’attaquer à ces questions d’image pour remettre en question la consommation de viande. Tout cela est attaché à notre imaginaire collectif. Aujourd’hui, il apparaît impossible de manger un plat végétarien en assistant à un match de hockey au Centre Bell. C’est un peu comme pour les voitures, un jeune homme est considéré comme faible s’il prend le transport en commun et n’a pas de voiture.

Dans votre livre, vous donnez des recettes et des conseils pratiques, et vous proposez un questionnaire avec des réponses pour aider ceux qui seront confrontés aux critiques de leur famille et de leur entourage. Devenir végane est-il difficile?

Dans certains milieux, oui, malheureusement. Être végane, c’est se soustraire à une norme sociale, donc être l’objet de critiques. Mais il faut mettre l’accent sur ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous sépare, lorsque nous sommes avec nos proches. Le changement fait peur au début, mais en général, tout finit par se placer. Si quelqu’un ne mange pas de gluten pour des raisons de santé, on ne le juge pas. Pourquoi devrait-on le faire quand quelqu’un arrête de manger de la viande pour des raisons qui lui sont personnelles?

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Le défi végane 21 jours d’Élise Desaulniers, Éd. Trécarré.

Aline Perraudin

Vous venez d’une région française (la Bourgogne) où manger de la viande fait partie de la tradition. Comment avez-vous réussi à vous détacher de cela?

Ça a été le résultat d’un long processus. Mais dernièrement, avec les images atroces qui ont été diffusées en France sur les abattoirs et la maltraitance animale dans les élevages industriels, j’ai décidé de végétaliser mon alimentation. Aujourd’hui, je ne mange plus de viande, mais je mange à l’occasion du poisson, car cela me permet de me sauver de certaines situations sociales.

Vous racontez avoir rencontré divers obstacles lors de votre transition alimentaire. Quels sont-ils?

Je ne suis pas une bonne cuisinière et j’ai peu de temps pour cuisiner, car j’ai un emploi du temps chargé. Il a fallu que je réorganise mon assiette. Mais cela a été bénéfique, car en la repensant, j’ai mangé plus équilibré. En France, il n’y a que deux ou trois pour cent de végétariens donc, socialement, il est encore difficile de ne pas manger de viande.

Quels sont les bienfaits de votre transition vers une alimentation plus végétale?

Je me sens beaucoup plus en phase avec mes valeurs. Quand je regarde mon assiette, je me dis que n’ai pas contribué à la mort d’un animal ni à la pollution environnementale. Mais surtout, j’ai découvert une autre cuisine, des céréales, des légumineuses, des cuisines du monde qui donnent moins de place à la viande. Ne pas manger de viande a finalement été une ouverture vers d’autres horizons. Je l’ai même vécu comme une renaissance.

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100 jours sans viande d’Aline Perraudin, Éd. Flammarion.

- Diane Stehlé

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