Rencontre avec François Létourneau

2 octobre 2015

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On le connaît grâce à ses rôles dans Les Invincibles et dans Série noire, dont il est également le coscénariste. Il incarne désormais Paul dans Paul à Québec, l’adaptation au grand écran de la savoureuse bande dessinée de Michel Rabagliati.

Votre mère était professeure de littérature. Est-ce elle qui vous a donné le goût d’écrire?

Oui, sans doute. Chez nous, il y avait des livres partout. Ils m’ont immédiatement fasciné.  

Vous avez un baccalauréat en sciences politiques et en philosophie politique. Comment avez-vous finalement bifurqué vers le théâtre?

Je pensais devenir journaliste et la philosophie politique m’intéressait beaucoup. Mais en parallèle, je faisais de l’improvisation et du théâtre depuis de nombreuses années. Puis, mon ami Patrice Robitaille est entré au Conservatoire d’art dramatique de Montréal. Je l’ai rejoint l’année suivante et je n’ai jamais regretté ma décision.

Jusqu’à présent, les personnages que vous avez interprétés (notamment dans Les Invincibles et Série noire) étaient très différents de vous. Avec Paul, vous rapprochez-vous de ce que vous êtes dans la vie? 

Les personnages que j’ai créés pour Les Invincibles et Série noire sont pleins de défauts, très centrés sur eux-mêmes. Mais ils incarnent des versions amplifiées de moi, de mes mauvais côtés. Avec Paul, il y a quelque chose qui est très proche de moi. Comme lui, je suis quelqu’un de simple, de sensible et à l’écoute des autres. Je suis aussi avec la même femme depuis longtemps et j’ai un enfant. Dans le fond, les deux me ressemblent, mais pas de la même façon!

Avant le tournage, connaissiez-vous la bande dessinée de Michel Rabagliati?

Oui, on m’a déjà offert Paul à Québec. J’ai adoré cette bande dessinée. Au moment des auditions, plusieurs personnes de mon entourage m’ont dit qu’elles me verraient bien dans le rôle de Paul, car, au-delà de la ressemblance physique, je lui ressemble dans la vie. J’ai eu le rôle, et j’ai lu ensuite tous les albums avant de rencontrer Michel Rabagliati.

Le sujet de l’histoire tourne autour d’un vieil homme qui va mourir du cancer. Pourtant, le film est une ode à la vie. Comment expliquez-vous ce paradoxe?

Dans le film comme dans la BD, ce qui est beau, c’est que la vie continue, même si un homme va mourir. Le beau-père décline, mais sa mort va avoir un impact énorme sur mon personnage. À travers cette épreuve, toute la famille élargie va se souder. Et Paul va se rendre compte de l’importance que celle-ci a pour lui, de l’importance de ses ambitions artistiques, de sa relation avec sa blonde et avec sa fille. Le film est aussi léger et drôle à bien des moments. Et la tendresse contrebalance le drame. Il y a une grande humanité qui se dégage, et de la BD, et du long-métrage.

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Dans le film, c’est Julie Le Breton qui incarne votre blonde. Comment s’est passé le tournage entre vous?

Je connaissais Julie avant le tournage. Mais nous n’avions pas encore joué ensemble. On a développé une belle complicité, de même qu’avec Shanti Corbeil-Gauvreau, qui joue la petite Rose. Il y avait entre nous trois un vrai lien et je crois que ça se voit dans le film.

Gilbert Sicotte a été votre professeur au Conservatoire. Avez-vous aimé le retrouver comme partenaire?

Oui, c’était extraordinaire de jouer avec lui. Soudain, nous étions dans un rapport d’acteur à acteur. Nous avons eu un bel échange. Il jouait un homme qui allait mourir et il était tellement dans son personnage que, le maquillage aidant, j’avais parfois l’impression qu’il allait vraiment mourir pour vrai! C’était vraiment touchant!

Vous portez deux chapeaux : celui de comédien et celui d’auteur. Si vous aviez à choisir entre jouer et écrire, que feriez-vous?

J’aimerais ne pas avoir à choisir. Mais si je le devais, je choisirais l’écriture. Car pour jouer, il faut être choisi! Alors que je peux écrire quand je veux, n’importe où. L’écriture me permet d’avoir plus de contrôle sur les choses et de ne dépendre de personne. Mais j’aime vraiment cet équilibre. Quand je joue, l’écriture me manque et vice-versa. Et puis, dans le fond, les deux activités ont le même objectif : raconter une histoire et toucher les gens.

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Paul à Québec de François Bouvier avec François Létourneau, Julie Le Breton, Louise Portal et Gilbert Sicotte. En salle dès le 18 septembre.

- Diane Stehlé

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