Repousser ses limites

13 juin 2016

Courir, nager, grimper et escalader deux volcans sur une distance de 80 kilomètres, au Nicaragua. Deux jours plus tard, courir 25 heures sur un trajet sinueux de 100 kilomètres. Traverser la Floride d’est en ouest à la course, pendant quatre jours et 15 heures, presque sans dormir. Il ne s’agit pas là du scénario du prochain Mission : Impossible, mais plutôt d’une partie des exploits bien réels d’Hélène Dumais, une Québécoise qui met son corps à l’épreuve au quotidien.

credit nicolas Mithieux

Hélène Dumais n’était pourtant pas prédestinée à devenir une athlète. Adolescente, elle n’assistait même pas à ses cours d’éducation physique. À 23 ans, son copain l’invite à aller courir sur le mont Royal. Hésitante, elle finit par accepter, armée d’une paire d’espadrilles de mauvaise qualité. Elle y prend goût rapidement et s’inscrit à son premier 13 kilomètres en sentier en 2008. Contre toute attente, elle arrive première au fil d’arrivée. Suivent les 35 kilomètres, les 58 kilomètres, les 100 kilomètres et son plus long parcours à vie : 888 kilomètres de course au Vermont.

Elle le répète souvent et en est la preuve vivante : relever de tels défis est à la portée de tous. Tout est une question de constance et de progression. Il faut s’entraîner sur une base régulière et augmenter ses objectifs de façon graduelle. La femme de 5 pieds 2 pouces et de 120 livres sait de quoi elle parle quand elle dit que l’humain est capable de tout. Il lui suffit de trouver la motivation qui lui permettra d’atteindre ses objectifs.

Un mode de vie

Hélène suit un plan d’entraînement rigoureux, en plus d’intégrer l’activité physique à son quotidien. Plutôt que d’utiliser la voiture, elle court pour effectuer ses déplacements. Elle transporte son épicerie sur son dos et multiplie les occasions de bouger. Le trajet jusqu’à l’épicerie ne fait que 10 kilomètres en ligne droite? Elle emprunte plutôt le sentier de 20 kilomètres parsemé de pentes et d’escaliers. C’est sa façon de garder la forme.

Pour Hélène, la santé passe par l’alimentation, l’entraînement et le repos. « Les trois sont tout aussi importants. Si on s’entraîne en étant fatigués, notre corps n’assimilera rien. » Une difficulté s’ajoute donc aux épreuves d’endurance auxquelles elle participe : le sommeil et la nourriture y sont des denrées rares.

Un instinct de survie

L’athlète est fascinée par les capacités du corps humain, tant physiques que mentales. C’est entre autres ce qui l’amène à tester ses propres limites et à mettre son corps et son esprit à l’épreuve. Elle croit même que son goût du risque remonte à sa naissance, prématurée de deux mois. « Je me suis battue pour survivre, et je continue à le faire aujourd’hui. » Elle prévoit maintenant prendre part au Ramsay’s Round en Écosse, un défi de 100 kilomètres en montagne.

Il est sans doute vrai que n’importe qui peut se surpasser ainsi, mais la réalité est que peu de gens ont le courage de le faire. D’où la fascination que suscite le parcours d’Hélène, pour qui chaque ligne d’arrivée n’est que le début d’une nouvelle aventure.

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Quelques-uns des accomplissements d’Hélène

  • Première athlète féminine à compléter la Spartan Race Ultra Beast et le Beast World Championship en 48 heures.
  • Première athlète à compléter une Trifecta Spartan Race en 48 heures et à monter sur les trois podiums.
  • Première femme à compléter le Cross Florida Individual Time Trial.
  • Première femme à compléter en duo la traversée de la chaîne de montagnes Ko’olau à Hawaï.
  • Première femme à compléter la Survival Run et le défi Devil’s Double au Nicaragua.

- Joannie Langlois

Photographie: Nicolas Mithieux

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