Rockeuse au cœur tendre

14 mars 2016

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Les médias l’ont souvent présentée comme une artiste marginale et excentrique, à l’image de son mentor des premières années, Jean Leloup. Pourtant, c’est à une femme charmante, ricaneuse et ultra sympathique que j’ai parlé en entrevue. Une amoureuse de la nature, une maman dévouée et une artiste aux mille et un projets.

Née à Saint-Jean-sur-Richelieu, Anik se considère toutefois comme une Gaspésienne d’adoption, elle qui a passé une bonne partie de son enfance à Bonaventure. Elle affectionne particulièrement ce coin de pays, où elle s’est mariée, où elle pêche le saumon chaque été avec son conjoint Patrick Huard et leur fils Nathan, et où elle a tourné le film inspiré de son dernier album, Lost Soul.

Ce film, sorti le 24 février, raconte l’histoire d’une femme qui abandonne ses deux enfants et son mari pour aller vivre dans le bois, loin de toute civilisation. Anik Jean y tient le rôle principal, et son fils Nathan y joue l’un de ses enfants. C’est le désir de voir ses chansons prendre vie qui a poussé Anik à coréaliser et à scénariser un film ayant pour trame sonore Lost Soul. Elle prévoit maintenant participer à différents festivals de films dans le monde, où elle interprétera les pièces de la trame sonore en personne, pendant la projection du film.

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Un album à son image

Le cinquième album d’Anik Jean, Lost Soul, est son tout premier en anglais. Elle l’a vraiment conçu à son goût, en se faisant plaisir. « Je ne me suis pas dit qu’il fallait que je fasse des pièces de trois minutes et demie pour qu’elles passent à la radio. Je voulais faire cet album sans contraintes et je me rends compte que, finalement, il touche les gens plus que tous mes autres albums. » D’ailleurs, son plus récent vidéoclip, celui de la chanson Closer, a déjà été visionné plus de 30 000 fois.

Alors que son troisième album était dédié à son mari et son quatrième, à son frère schizophrène décédé il y a quelques années, Anik Jean s’est fait un cadeau avec ce nouvel album. « Je ne l’ai fait pour personne d’autre que moi et je suis vraiment contente, c’est très satisfaisant. » Elle a choisi l’anglais, car c’est la langue qui lui vient le plus naturellement quand elle écrit et qui lui permet d’exporter l’album, déjà présent dans 240 marchés à travers le monde. Il faut dire qu’Anik a commencé sa carrière en anglais, à Los Angeles, se produisant notamment au Viper Room de Sunset Boulevard, boîte de nuit qui appartenait à Johnny Depp à l’époque.

Une nouvelle année occupée

Après avoir consacré les trois dernières années à son fils, Anik Jean effectue un retour remarqué sur la scène artistique. En plus de son nouvel album et de son film, elle travaille sur un projet télé avec Marie-Claude Savard, compose la trame sonore du film Bon cop, bad cop 2 et joue le rôle d’une dominatrice dans la série Unité 9.

L’artiste de 38 ans porte plusieurs chapeaux : chanteuse, compositrice, comédienne, scénariste, et même peintre. « C’est simple, je fais tout ce que j’aime faire! » Que demander de mieux?

- Joannie Langlois

Photographie: Jean-François Bergeron

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