Sharlène Royer, cascadeuse

14 mars 2016

Gracieuseté du Film Killing Salazar

Née à Saint-Hyacinthe d’un père québécois et d’une mère haïtienne, Sharlène Royer partage aujourd’hui son temps entre Vancouver et Montréal… quand elle n’est pas en tournage aux États-Unis! La jeune femme s’est en effet taillé une place de choix comme cascadeuse et participe à de grosses productions hollywoodiennes. Rencontre avec une artiste qui n’a pas froid aux yeux.

Mon métier

Il consiste à prendre tous les risques que les acteurs ne peuvent pas prendre! Je suis à la fois cascadeuse et comédienne. Il n’y a pas de formation officielle pour exercer ce métier. Il faut être en grande forme physique et, idéalement, avoir pratiqué des arts martiaux, de la gymnastique ou tout autre type de sport connexe. De mon côté, j’ai fait beaucoup de ballet classique et de jazz, ce qui m’aide énormément pour les scènes de combats. J’ai commencé à faire des cascades par hasard, alors que je travaillais sur un film américain. Le coordonnateur de cascades avait besoin d’une doublure pour l’actrice américaine Rosario Dawson.

De plus en plus de cascadeuses

Au Québec, il n’y a pas beaucoup de femmes qui pratiquent le métier. Mais dans le reste du Canada et aux États-Unis, il y a presque autant de femmes que d’hommes.

Le plus gros défi de ce métier

Rester en un seul morceau et ne pas se blesser! Il faut aussi avoir une bonne hygiène de vie et s’entraîner. Régulièrement, je dois consulter un ostéopathe pour qu’il me replace la colonne vertébrale. Les massages m’aident beaucoup aussi à maintenir un corps en santé.

Combat d'épée

Ce que je préfère

Ce métier est tout sauf monotone! On rencontre des gens, on change souvent de costume, d’environnement, et même de pays. Tourner un peu partout dans le monde me permet de découvrir de nombreux lieux intéressants.

Des exemples de cascades

Je fais beaucoup de scènes de combats et des chutes, de la rigue vol, d’explosions, etc. Pour les femmes, c’est souvent plus dur que pour les hommes, car si nous doublons une actrice en jupe et talons hauts, nous ne pouvons pas porter de protection sous nos vêtements.

Une journée typique

Une semaine avant le tournage, notamment pour les scènes de combat, on répète avec le chorégraphe et le coordonnateur de cascades. On donne ensuite un aperçu au réalisateur et aux comédiens afin d’obtenir leur approbation. Le jour du tournage, on arrive très tôt le matin, bien préparés. On se fait maquiller et coiffer. Ce qui fait une bonne doublure, c’est la perruque! Il faut que le spectateur croie qu’il a l’acteur ou l’actrice du film sous les yeux.

Scène de combat sur le tournage de True Justice II

Un souvenir mémorable

Pour le tournage de The World of Warcraft, qui sort cet été, j’ai dû apprendre à monter et à faire des cascades et des scènes de combat à cheval. Je me suis cassé le poignet trois semaines avant la fin du film, mais je ne l’ai dit à personne, car je ne voulais pas que cela nuise au tournage.

Les risques du métier

Les risques de blessure grave sont très élevés. Plus une cascade est dangereuse, plus il y a de risques. Tout doit être bien coordonné, réglé et répété. C’est pour cela que tous les cascadeurs sont encadrés par un coordonnateur et une équipe qualifiée.

Et après?

Certains cascadeurs exercent leur métier jusqu’à la cinquantaine. La suite logique est de devenir soit coordonnateur de cascades ou encore chorégraphe. Dans mon cas, je pourrai aussi poursuivre mon métier de comédienne. On verra!

Kyle Cassie photography

Sharlène double l’actrice Halle Berry depuis plusieurs années. On la verra bientôt dans le thriller américain Kidnap.

Récemment, elle a aussi doublé Zoe Saldanas dans la mégaproduction Star Trek. En mai prochain, Sharlène sera la doublure de Paula Patton dans le très attendu The World of Warcraft.

Enfin, dans la télésérie Legends of Tomorrow, elle est la doublure de Ciarra Renée (Hawk Girl).

- Diane Stehlé

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