Une grande histoire de famille

17 septembre 2014

C’est à partir du quatrième enfant que Philippe Lacroix et Pascale Baker ont décidé qu’ils allaient continuer à agrandir la famille. À ce moment-là, il y a une dizaine d’années, ils étaient loin de se douter de la suite. Une suite aujourd’hui impressionnante, mais surtout inspirante, alors que Pascale est enceinte de son douzième enfant.

Ce qui frappe le plus lorsqu’on met les pieds dans cette grande maison de Saint-Rédempteur sur la rive-sud de Québec, c’est l’amour et l’entraide qui y règnent. Les plus grands aident les plus jeunes, tout le monde a sa place. « C’est Philippe qui a fait les plans de la maison pour que ce soit le plus ergonomique possible », explique Pascale en ajoutant qu’il est un homme à tout faire. « C’est un homme aux mille talents! Il fait de tout. »

Au premier regard…

Il y a 20 ans pratiquement jour pour jour, elle rencontrait Philippe dans les escaliers, par hasard, chez ses parents. Elle avait 19 ans, lui, 16. Pascale allait rendre visite à son frère, avec qui elle étudiait. « Quand je l’ai vu, tout s’est arrêté. Ce fut le coup de foudre. J’ai eu le souffle coupé. » Deux mois plus tard, ils formaient un couple. « Quand on s’est rencontrés, je lui ai dit que je voulais une grande famille, je lui ai dit que j’en voulais au moins quatre. Il était d’accord et disons que c’était un gros plus pour poursuivre la relation! », s’exclame Pascale, tout sourire, en racontant sa grande histoire d’amour.

Philippe est aujourd’hui opérateur de machinerie. Pascale avait entamé des études pour devenir enseignante, mais la vie lui a réservé une toute autre destinée. En entrant chez les Lacroix, on constate que sa vocation d’enseignante n’est pas bien loin. Elle est attentionnée et à l’écoute. « J’ai travaillé jusqu’au troisième et, ensuite, on a décidé que je resterais à la maison pour élever les enfants. »

Des hauts et des bas

Ce serait par contre faux de dire que tout a toujours été facile. « Lors de la crise financière de 2008, Philippe ne travaillait plus beaucoup et a décidé de retourner sur la route, comme camionneur. Il partait de 10 à 14 jours et revenait à la maison seulement trois jours. Il remplissait le frigo et je m’arrangeais », raconte celle qui, à l’époque, était enceinte du huitième enfant.

Toutefois, lorsqu’on demande à Philippe et Pascale quelle est leur plus grande difficulté, la réponse n’est pas financière. « On fait des choix et on fait beaucoup de récupération. Avec le temps, on connaît les marques qui sont plus durables et on les privilégie », explique cette mère de famille qui n’a rien à envier à Superwoman. « Personne ne vient faire mon lavage, ni s’occuper des enfants. Si j’ai une urgence, nos familles vont nous aider, mais autrement non. Mais c’est ce qu’on a voulu, c’est ce qu’on a bâti », mentionne celle qui est enfant unique.

Auto, boulot, dodo

Avec autant de marmaille, les tâches quotidiennes deviennent rapidement des projets d’envergure. Pour aller faire l’épicerie, par exemple, un petit groupe se déplace et les plus grands restent à la maison pour garder les plus jeunes. Et la famille doit y aller plus d’une fois par semaine, puisque le frigo déborde. « Ça nous prendrait un frigo uniquement pour le lait! Et si on doit tous aller à la même place, ça prend trois voyages! » Sans aucun doute, ces parents sont la patience incarnée.

Comme probablement tous les parents, le plus difficile est de dire non. « C’est sûr qu’on aime les gâter (et ils le sont!), mais parfois il faut dire non. Surtout présentement, avec l’école et les cours (hockey, natation, ballet) qui recommencent. En fait, le plus difficile, c’est de trouver les noms! », s’exclame Philippe en riant.

Une rentrée scolaire exposant 8

Tout le monde le sait, la rentrée scolaire coûte très cher. Parmi les huit qui sont retournés sur les bancs d’école en septembre, dans trois écoles différentes, certains sont en langues internationales, d’autres, en concentration sport. « C’est beaucoup de frais. Une rentrée, c’est 5000 dollars pour tout le monde. Et là-dessus, nous n’avons pas d’espadrilles, de sacs à dos, de vêtements, etc. Ça monte vite, mais on cherche les rabais! »

Malgré tout, même si les soirées romantiques en tête à tête se font plus rares, même si le couple doit être discipliné financièrement, même si la vie peut parfois réserver de mauvaises surprises, cette maison respire le bonheur et la famille est, sans contredit, une véritable réussite.

Les Lacroix en chiffres

Épicerie : Près de 500 $ par semaine

8 litres de lait par jour

2 pains par jour

5 litres de jus par jour

5 brassées par jour

5 remplissages du lave-vaisselle par jour

9 chambres à coucher

- Elisa Cloutier

Photographies: Stéphanie de la Ronde

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